LOUNIS Aït menguellet raconte ses 50 ans carrière

Bientôt, un nouvel album

02 Jan 2017
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La radio de Tizi-Ouzou  a réussi  un grand coup médiatique en invitant à son forum culturel hebdomadaire  la grande vedette de la chanson kabyle Lounis Aït-Menguellet. Un événement qui a certainement crevé  l'audimat de cette station locale puisqu’avec ce retour sur les 50 ans de carrière de l'artiste il était certain que les auditeurs n'avaient pas zappé sur d'autres chaînes. Une carrière qui, à écouter, le chanteur a été parsemée de bien d'anecdotes aussi croustillantes les unes que les autres. Ainsi il nous apprendra que cette carrière avait débuté en 1966 alors qu'il n'avait que 17 ans avec la chanson  "ma trud ula d nek akter" (si toi tu pleures moi je pleure davantage). Lounis Ait Menguelet reconnaîtra tout de même que c'est grâce à son cousin Wahab Ait-Menguellet (actuel maire de Tizi-Ouzou) qu'il a réussi à franchir le "rubicon" de la chanson " n'eut été Wahab qui m'avait encouragé et soutenu à faire de la chanson et surtout m'avait pris chez Chérif Kheddam pour me produire dans son émission "Ighennayen Iheffden" ( "Les chanteurs  de demain") je ne serais certainement pas là avec vous ou à faire 50 ans de carrière" . Comme il dira aussi que juste après son enfance, il a vécu toute son adolescence dans la capitale Alger  avant de rentrer définitivement au bled "où il n' y avait aucun tabou à chanter l'amour". D'ailleurs il ne manquera pas de souligner  qu'à l'époque les jeunes de 18 20, 25 et  jusqu'à 30 ans ne pouvaient que chanter leur vécu sentimental. En fait Lounis Ait- Menguellet avait commencé à produire au cours des années 70 plus exactement durant son service national à Constantine " à l'époque où le week-end était universel. Je venais en permission le samedi à Alger, j'enregistrai les dimanches au niveau du studio de Mahboubati puis je laissais les bandes d'enregistrement à Kamel Hamadi. Ce n'est que plus tard  du fait que l'on n’avait pas de  radio à  la caserne que j'avais su que mes chansons étaient diffusées sur les ondes". Une fois le service national terminé en 1973,  Lounis nous apprendra aussi qu'il devait trancher sur la suite à donner à sa vie "ou  rester dans la chanson ou bien continuer à travailler comme banquier après avoir été fonctionnaire au ministère des travaux publics. Décision difficile à prendre à l'époque mais j'avais opté pour la chanson". Il est aussi revenu sur le premier groupe "Imazighène" auquel il avait appartenu " déjà parler en Kabyle à l'époque c'était trop risqué  et de surcroît créer un groupe au nom Imazighène c'était de l'audace  d'autant que ce groupe nous l'avions créer au lendemain de la révolte de 1968 des étudiants français. Vous vous imaginez un peu le contexte. C'est un groupe qui a survécu ce qu'il avait survécu. Mais c'est avec ce groupe que j'avais fait ma première scène publique lors de la fête annuelle de Tigzirt où l'on a été invité par le maire de l'époque très engagé sur la question identitaire. Toutefois  mon  premier contact avec le public a été à Rouiba à l'occasion d'un mariage familial.  Comme il est aussi revenu sur  ses premiers contacts avec la chanson en se rappelant qu'il n'avait que 04 ou 05 ans "lorsque mon oncle Mbarek, le père de Wahab avait ramené pour la première fois une radio à la maison et paradoxalement la première chanson que j'avais entendue dans ce transistor était une chanson de  Amouche Mohand " a Taqaryett" ( village) (Lounis en chantera  d'ailleurs un morceau en live ndlr). Il est aussi revenu sur sa rencontre avec Slimane Azem "il m'avait fortement impressionné et surtout m'avait appris une belle leçon d'humilité qui est que quel que soit ton talent et ta notoriété, il ne faudrait jamais prendre  les gens de haut je n'arrive toujours pas à oublier ce jour où il, lui le grand monument de la chanson kabyle, m'avait demandé de lui signer un autographe sur un de mes disques alors que je venais juste de débuter". Comme il évoquera aussi l'influence qu'avait eu sur lui Taleb Rabah " c'est grâce à lui que j'avais appris que l'on pouvait aussi chanter uniquement avec une guitare et même si moi j'avais introduit en accompagnement la Derbouka (instrument de percussion ndlr). A propos de Derbouka Ait Menguelat racontera une croustillante anecdote " Kamal Hamadi m'avait appelé pour aller enregistrer une chanson au niveau du studio de la maison de production "Oasis". J'avais pris ma guitare pensant trouver tous les autres instruments sur place. Une fois arrivé sur les lieux, j'étais surpris de trouver un studio pratiquement vide et le patron nous avait invités à enregistrer dans l'arrière boutique. C'est là que Kamel Hamadi avait pris une chaise pour en faire une Derbouka en tambourinant dessus". L'invité du forum de radio Tizi-Ouzou animé par son directeur Arezki Azouz grand ami et compagnon de Ait Menguelet  indiquera aussi qu'il n'est pas du genre à trop se casser la tête pour produire une chanson " cela vient comme cela. Je n'ai ni époque, ni moment ni saison pour écrire. Le déclic vient tout seul. Je commande pas la muse. La seule chose que je puisse dire est dès qu'elle est là je me retire pour écrire. Sinon je ne suis pas du genre à vouloir produire coûte que coûte chanson après chanson. je ne sais et ne peux le faire". C'est ainsi qu'il nous apprendra justement qu'il  mettra dans les bacs au courant du mois d'avril ou au début du mois de mai 2017 son nouvel album. Soit années après son dernier intitulé "Issefra"  sorti en 2014. Il a aussi annoncé pour 2017 une tournée en France avec une représentation au Zénith de Paris le 17 janvier prochain, en Algérie et au Canada. Revenant sur cet épisode  de sa présence lors d'un meeting de campagne du Président de La république qui lui avait valu des critiques assez acerbes Ait Menguellet  dira " ce jour là j'étais comme simple invité et encore une fois je le dis et redis je ne fais pas de politique et je ne m'intéresse nullement à la politique". Pour conclure il dira qu'il était un père de famille comblé avec ces deux enfants Tarik "TAM" qui écrit des romans et des textes de chansons et Djaffar chanteur compositeur.Il est à noter que durant ce forum  des  chercheurs, des universitaires et des artistes comme Si Moh ont eu à apporter leur témoignage sur l'oeuvre de Lounis Ait-Menguelet. Témoignages  entrecoupés de morceaux musicaux  de Ait-Menguellet interprétés admirablement par de jeunes artistes. Comme nous avons aussi appris qu'un colloque sur la vie et l'oeuvre de Lounis Ait-Menguellet sera organisé au mois de mars 2017 par l'université Mouloud Mammeri  de Tizi-Ouzou, pour marquer justement ce  cinquantenaire de sa vie artistique.

Fawzi Ali

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