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Vendeurs à la sauvette

Le centre-ville infesté

03 Jan 2016
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Le souk informel déménagé de la Place d’Armes s’est rapidement reconstitué, du moins à chaque fin d’après -midi, derrière le théâtre régional, utilisant l’espace public, créé pour le repos jamais pour le commerce et en plus informel. Aussi chaque après-midi c’est l’installation des étals de fortune, on utilise des sommiers, qui ne fait que rajouter au spectacle qu’offrent les autres étalages informels qui eux, sont là depuis le début de la matinée. Une « rahba » en plein centre-ville, avec des vêtements pendus à une clôture de chantier, le misérabilisme dans toute sa splendeur. Et un spectacle gratuit offert par des gens qui n’obéissent qu’à leurs propres lois, s’appropriant les espaces et la voie  publics et partent en y laissant des tonnes de déchets que d’autres s’occuperont d’enlever, qu’est-ce que ça peut leur faire à eux qui reviennent le lendemain pour trouver place nette. Un Etat dans l’Etat qui semble arranger les affaires de tous, tant que les gens sont occupés, les uns à vendre et les autres à acheter, ils ne vont pas se rassembler pour protester à tel ou tel propos. Dernièrement, c’était au sujet de pétards saisis et toute une cité de près de 90 000 habitants avait été l’otage de quelques énergumènes. Mais le propos est autre même si l’anarchie généralisée est la même partout, sauf que là c’est du centre-ville qu’il s’agit, théâtre d’un spectacle quotidien affligeant et indigne d’une ville du 21ème siècle d’un pays, même s’il n’est pas à la pointe du progrès est suffisamment avancé. Et si vous continuez plus avant vers le marché central, vous aurez droit au spectacle qu’offre la rue Aïssaoui Mohamed, une splendeur d’anarchie et de misérabilisme, elle aussi. Cette rue était dans un état de délabrement avancé pendant des années, jusqu’à ce que l’on procède à la réfection du réseau d’assainissement de tout le quartier et qu’on termine par la remise à neuf de la chaussée. Cela n’a pas rendu grand service à quiconque puisqu’elle est plus encombrée qu’elle ne l’était, elle est devenue un parking, pour ceux qui ne le savent pas encore. Le plus étonnant, outre le fait que la circulation piétonne se fait entre les véhicules, c’est la saleté qui est restée la même que lorsque la rue était défoncé et les égouts à ciel ouvert. Une saleté qui se concentre autour des gargotes et autres « grills », se succédant dans cette rue. Et les gens, c’est encore plus bizarre, des fonctionnaires même et des cadres, se bousculent pour y manger à midi alors que les caniveaux malgré la remise en l’état précédemment citée, continuent à charrier une eau sale et nauséabonde. Les clients de ces établissements enjambent des entassements d’une boue innommable, récoltée dans les fosses d’égout que  la graisse des restes d’aliments, obstrue régulièrement. Mais à voir l’indifférence vis-à-vis d’une situation qui fait parfois se dresser les cheveux sur la tête, indique que c’est un choix que d’aimer vivre dans la sanie et l’anarchie et tant que cela dure, il ne peut être question d’améliorer quoi que ce soit.

Ammar Nadir

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