Présidents des Cours de justice et procureurs généraux

Tebboune opère un vaste mouvement

08 Aoû 2020
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Le président Abdelmadjid Tebboune a procédé, jeudi dernier, à un vaste mouvement dans les corps des Présidents de Cours et des procureurs généraux. Ce mouvement a concerné plus de 100 magistrats activant dans des tribunaux et des Cours du pays. La majorité des wilayas, à l’exception d’Annaba, Oran, Batna, sont touchées par cette rotation dans le corps de la justice. En effet, selon un communiqué de la présidence de la République repris par l’agence APS, ce mouvement a porté sur la nomination de 17 présidents, le transfert de 18 autres et des mises à l’écart pour 17 présidents de cours de justice. De même pour le corps des procureurs généraux. Selon la même source, le chef de l’Etat a nommé 18 procureurs généraux, muté 17 autres, alors que 19 procureurs ont vu leurs missions clôturées. Ils sont ainsi envoyés à la retraite ou ils doivent changer de métier. Selon le même communiqué, le chef de l’Etat a également mis fin aux fonctions de Taleb Mohamed en sa qualité de commissaire d’Etat près le tribunal administratif de Ghardaïa qui a été « appelé à occuper une autre fonction ». Commentant ce mouvement, le plus important depuis plusieurs années, la présidence évoque « plusieurs normes » prises en compte. « Plusieurs normes ont été prises en ligne de compte dans ce mouvement en vue de donner un nouveau souffle à l’action judiciaire, améliorer le service public de Justice, et la reconsidération des fonctions qualitatives dans le corps de la justice », souligne la même source. Le secteur de la justice traverse, rappelons-le, une période exceptionnelle depuis le début du mouvement populaire du 22 février 2019. Plus d’une année après, les citoyens et les avocats ne cessent de critiquer le rendement des magistrats et leurs décisions, notamment en ce qui concerne le traitement réservé aux activistes du Hirak. La multiplication des poursuites et des condamnations des activistes du hirak pour des opinions exprimées sur les réseaux sociaux ou lors de manifestations a suscité aussi des interrogations sur le rôle de la justice. Des avocats soupçonnent une « instrumentalisation » de la justice par des forces influentes du pouvoir pour mâter les libertés individuelles et collectives. Pour rappel aussi, le dernier mouvement dans le corps des magistrats a été décidé par le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, en Octobre 2019. Ce dernier a provoqué la colère des syndicats des magistrats qui ont dénoncé « un mouvement qui a concerné la moitié des effectifs des juges sans concertation avec le partenaire social ». Le syndicat national des magistrats (SNM) et le Club des magistrats (un syndicat non agréé) ont alors enclenché un mouvement de grève pour tenter de contraindre la tutelle à revenir sur sa décision. Mais en vain. Les Algériens ont assisté à des scènes qui ont provoqué l’indignation, dont l’intervention des forces anti-émeutes de la Gendarmerie nationale dans un tribunal à Oran pour déloger des juges grévistes. C’est depuis, cette date, que le courant ne passe plus entre les syndicats des magistrats et le ministre de la Justice qui est maintenu, quand même, dans le gouvernement après la présidentielle du 12 décembre 2019.

Samir Rabah 

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