Pr Belhocine évoque des contraintes

Les enquêtes épidémiologiques piétinent

06 Aoû 2020
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Les équipes dépendant de la cellule opérationnelle chargée d’investigation et de suivi des enquêtes épidémiologiques autour de cas confirmés ou hautement suspects de Covid-19 sont en train d’éprouver les pires difficultés pour accomplir leur travail. Composées de jeunes hygiénistes, d’infirmiers et d’anciens techniciens de la santé à la retraite, qui ont tenu à s’impliquer dans l’effort national de lutte contre l’épidémie, ces équipes sont sur le terrain dans plusieurs wilayas. Hélas, les conditions dans lesquelles elles effectuent leur mission sont loin d’être de tout repos, pour une raison simple, voire « absurde », qui n’aurait dû jamais exister, si certaines structures chargées des consultations et des hospitalisations leur avaient facilité la tâche, en leur transmettant les informations nécessaires en temps réel. « Nos équipes sont fatiguées, parfois au bord de l’épuisement », déplore le professeur Mohamed Belhocine, à qui le président de la République avait confié la responsabilité de cette cellule, appelée théoriquement à travailler en étroite collaboration avec toutes les autorités concernées à travers l’ensemble du territoire national, et en particulier les structures sanitaires. « Il n’est pas possible d’envisager que les enquêtes épidémiologiques se fassent bien si les services de consultations et d’hospitalisations, qui identifient les patients ou les suspects ne donnent pas très rapidement l’information aux équipes d’enquêtes épidémiologiques dans les services de médecine préventive », relève-t-il avec beaucoup d’amertume. Lui, l’éminent praticien, qui a déjà sillonné l’Afrique, au Nigéria et en Tanzanie entres autres pays, supervisant des opérations similaires sous l’égide de l’OMS, n’a sûrement jamais imaginé rencontré ce genre de contraintes en Algérie. Les notifications que ces différentes équipes reçoivent des hôpitaux, pour voir entamer les enquêtes, identifier les sujets contacts et éventuellement les tester, n’arrivent pas à temps et sont souvent imprécises. Incroyable, mais vrai ! Une contrainte pareille, qui signifie qu’il y’a absence d’organisation fiable et de coordination au sein même des structures sanitaires, peut décourager les volontés les mieux trempées. « Des visites que nous avons organisées dans différentes wilayas, nous avons relevé qu’il y’a des endroits où la notification vient en retard ou n’est pas complète », tient-il à faire savoir dans un entretien accordé à la radio nationale, chaîne III. Selon lui, dans certaines régions, les structures concernées attendent plusieurs jours pour accumuler un grand nombre de notifications ; et forcément ça ne peut que compliquer la tâche des enquêteurs. « Vous pouvez faire des enquêtes épidémiologiques quand vous avez 20 ou 30 cas à enquêter par jour. Mais vous ne pouvez plus faire d’enquêtes lorsque vous avez 120 ou 140 cas qui arrivent en une seule journée », souligne-t-il. Pour lui, toutes ces contraintes, qui trouvent leur origine dans les dysfonctionnements su système sanitaire algérien, rendent la « riposte technique » à l’épidémie inopérante. Tout en appelant à une meilleure collaboration avec les équipes d’enquêteurs, le professeur Mohamed Belhocine ne manque pas d’insister, dans ce cas précis, sur le caractère impératif imposé par le respect des mesures barrières. Abordant la question d’un éventuel vaccin anti-Covid, au sujet duquel même l’OMS a émis des doutes, il évite soigneusement de nourrir les faux espoirs. « Même s’il y’a des signaux un peu encourageants, il nous faut rester prudents. Nous ignorons encore beaucoup de choses de ce virus et on ignore aussi si l’immunisation que les vaccins vont provoquer est une immunisation durable ou pas », soutient-t-il, estimant toujours que le moyen de lutte le plus efficace pour freiner la prolifération du virus consiste à dresser la liste des personnes ayant été en contact avec des sujets malades, de les confiner et de les hospitaliser, si elles sont à leur tour porteuses de la maladie. En un mot, il est urgent pour lui de lever d’abord toutes les contraintes rencontrées par les équipes d’enquêteurs et continuer à observer les mesures de préventions indiquées.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mercredi, 05 août 2020 21:18
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