Ali Bencheikh propose d’envoyer les hooligans à Guantanamo

L’impuissance de la FAF mise à nu

17 Avr 2018
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Il a fallu quarante huit heures au ministère de l’Intérieur pour réagir officiellement aux actes de violence ayant eu pour théâtre, deux hauts lieux du football algérien : le stade Zabana, ex-19 juin d’Oran, et Hamlaoui, ex-17 juin de Constantine. Le temps que les comptes-rendus complets des autorités locales et des services de sécurité atterrissent sur le bureau de Nouredine Bedoui. Si en ce qui concerne le ministère de l’Intérieur, le décalage horaire assez important entre les faits et la réaction officielle pouvait être expliqué par la nécessité de réunir le maximum de données, avant de se prononcer par rapport à des incidents impliquant des instances « souveraines », selon les critères de la Fédération internationale de football, et dont la responsabilité est engagée de bout en bout, il n’en n’est rien pour la Fédération algérienne de football. Le mutisme observé par cette dernière, pendant trois jours, ne pourra en aucun cas être justifié par le blocage, comme par hasard, durant cette même période, de son site Internet, pour des raisons techniques, qui, selon la structure domiciliée à Dély Brahim, incomberaient uniquement à la responsabilité directe de l’hébergeur. En sa qualité de premier responsable  de la FAF, Kheiredine Zetchi aurait pu intervenir le soir même des incidents, ou le lendemain, et faire face à des problèmes qui l’interpellent en premier lieu. Il aurait dû se conformer, avant tout le monde, au devoir qui lui impose de s’expliquer et d’expliquer à l’opinion publique, toutes les causes directes et indirectes qui ont provoqué cette flambée de la violence. Mais il ne l’a pas fait, ni à chaud, ni après que la tension ne soit légèrement tombée. Il y a eu des morts dans des circonstances certes éloignées du stade, mais liées aux rencontres de foot abritées par Oran et Constantine, et des risques aggravés d’atteinte à la sécurité publique au niveau des deux plus grandes villes du pays, après la capitale. C’était largement suffisant pour qu’il réagisse séance tenante, et démissionner de son poste, au lieu d’opter pour une attitude discutable que l’on pourrait facilement assimiler à une fuite en avant. Non seulement, cela   a n’a pas été le cas, pire, il a osé, si l’on se fie à une information publiée par le site du journal Ennahar, reprocher à l’arbitre du match JSK-MCA, de ne pas avoir arrêté la rencontre. « Après avoir pris connaissance de tous les rapports et comptes rendus, la FAF a pris acte de l’extrême gravité de ces actes de violence, et promet des sanctions réglementaires les plus appropriées pour combattre les fauteurs de trouble ». Ce simple passage du communiqué de la FAF traduit toute l’impuissance et l’inertie d’une instance qui fait semblant de rechercher les causes profondes d’un tel déchainement de violence, alors qu’elles se trouvent chez elle à Dély Brahim. Il fallait dès le début, réagir au choix suspect fait par le président de la JSK qui a su exploiter machiavéliquement l’hostilité grandissante entre les supporteurs du MCA et ceux du CSC, en retirant le stade Hamlaoui de la liste des infrastructures pouvant accueillir cette rencontre. Maintenant que c’est trop tard, ça ne sert absolument à rien de ruer dans les brancards. C’est en anticipant sur ce qu’allait entreprendre le président de la JSK, après la polémique ayant entouré la programmation du match contre l’USM Blida, que la FAF aurait pu démontrer sa maitrise réelle du jeu et des enjeux. Et ce n’est nullement le fait de déplorer le comportement irresponsable de certains dirigeants et acteurs du foot qui va l’innocenter. Ali Bencheikh aura beau dissimuler tout son chauvinisme, derrière une sévérité factice, en préconisant d’envoyer tous les énergumènes à Guantanamo ; sa réaction parait plus réaliste que celle de Mustapha Kouici qui a comparé les scènes de violence de Constantine et d’Oran, à la bataille de « Badr », mais elle illustre aussi l’étroitesse de vue d’un ancien footballeur devenu par miracle, consultant médiatique. Même Mohamed Aïssa ne s’est pas privé de s’inviter dans le débat, en l’encombrant de référents religieux. Le ministre des Affaires religieuses a commenté les incidents, en évoquant la situation qui prévalait durant la « Djahilia », période antéislamique. Quelle désillusion ! Quelle mascarade !

Mohamed Mebarki       

Dernière modification le lundi, 16 avril 2018 20:03
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