Vieux bâti à Blida

Faire renaître «Douirette» de ses cendres

07 Mai 2018
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Le vieux quartier «Douirette» au centre-ville de Blida a fait l’objet d’une étude réalisée par les autorités publiques en vue de la restauration de ce site historique remontant au 16ème siècle avec l’objectif de restituer à ce lieu patrimonial son cachet originel et le faire bénéficier d’une protection légale. L’étude en question s’est avérée indispensable et urgente vu l’état de dégradation avancé extrême dans lequel se trouvent actuellement les vieilles bâtisses et ruelles de Hai (quartier) «Douirette», plus communément appelé «Haï Ouled Soltane». Leurs murs se sont effrités et leurs fondations ont été fragilisées, et les multiples modifications apportées par les habitants, au fil des années, ont eu raison de leur cachet originel. Face à cette situation, de multiples appels ont été lancés par des spécialistes du patrimoine pour la préservation du site, considéré comme le réceptacle d’un pan important de la mémoire de la ville des roses, dont la prise en charge par les autorités publiques a donné lieu à l’annonce de cette étude pour sa préservation et protection. «Une étude pour la restauration de Haï Douirette a été réalisée par la section locale de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels, parallèlement à l’élaboration d’un plan pour la préservation du site et de tout son périmètre, dans le but de préserver le cachet originel et la valeur historique de la vieille ville», a indiqué le directeur de la Culture de la wilaya, Messahoub El Hadj. Après avoir déploré les multiples modifications ayant altéré le cachet urbanistique originel de Haï Douirette, il a fait part d’une étude réalisée au profit du site, actuellement en attente de validation par le ministère de la Culture, avant le lancement des travaux de restauration susceptibles de préserver ce patrimoine matériel de la ville de Blida, réputée pour sa belle architecture mauresque et ottomane. Une dotation de 55 millions de Da avait été consacrée, précédemment, à cette opération par le wali de Blida, Mustapha Layadhi, pour la restauration de vieilles bâtisses de la ville de Blida, dont celles de Haï Douirette, Ksar (palais) Aziza, et la salle «Nedjma», au profit desquelles des actions de ravalement de façades, de réparation de fenêtres et portes, et autres travaux multiples ont été programmés, est-il signalé. Ces actions viennent répondre favorablement aux doléances des habitants de ce quartier, qui n’ont pas eu de cesse de réclamer sa réhabilitation vu la valeur historique et refléter également la volonté des pouvoirs publics de préserver le patrimoine historique de la ville des roses.

«Douirette» .... ou la «Casbah de Blida»
Le quartier Douirette, appelé également «Casbah de Blida», dont le sens premier renvoie à un petit ensemble d’habitations, a été construit au XVe siècle, lors de la Régence d’Alger par les Ottomans. Son architecture est similaire à celle de la Casbah d’Alger, à quelques détails près, relatifs notamment aux toitures des maisons, faites en tuiles à Douirette, outre ses portes étroites en voûte, et ses espaces ouverts désignés localement sous le vocable de «Oueste Eddar» (Patio central de la maison), son jet d’eau, ses citronniers et autres plantes ornementales embaumant l’air de jasmin et roses. Autre particularité de ces maisons, chacune d’elles comptait plusieurs chambres de forme rectangulaire de 6 à 10m de long, sur 3m de large, et construites de façon à être orientées vers l’un des points cardinaux, dont elle prend par la suite le nom (nord, sud, est, ouest). Parmi les plus beaux vestiges encore debout dans le vieux quartier de Douirette en dépit des modifications apportées par l’homme, se trouve la résidence du Roi Béhanzin Kondo de l’ex-royaume du Dahomey du XVIII siècle (actuel Benin). C’est dans cette demeure que fut assigné à résidence, de 1894 à 1906, le Roi Béhanzin, par les autorités coloniales françaises de l’époque, qui l’avaient exilé en Algérie. La touche mauresque de ce quartier est l’œuvre du fondateur de la ville de Blida, Sidi Ahmed Lekbir, qui arriva dans la cité en 1535, en compagnie de quelque 7000 andalous. Le directeur de la culture de Blida a, également, fait part d’un nombre d’autres projets visant la valorisation et la préservation du patrimoine culturel de la wilaya, dont le palais Aziza, squatté actuellement par une douzaine de familles, en attente d’un relogement, avant le lancement des travaux de réhabilitation du site. Les mosquées «Ben Saàdoune» et «El Hanafi Torki», au même titre que la salle «Nedjma» sont  également programmées pour bénéficier d’actions de réhabilitation.

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