Il évoque l’existence de lobbies devant sénateurs

Ferhat Aït Ali accuse

23 Jan 2021
614 fois

Ferhat Aït Ali a passé un « mauvais quart d’heure » avant-hier au Conseil de la nation, où il a été harcelé par des sénateurs qui lui reprochaient non seulement la manière jugée opaque avec laquelle il est en train de gérer le dossier relatif à l’importation de véhicules neufs, mais aussi le gel des dispositions permettant aux particuliers d’acquérir des voitures d’occasion de moins de trois ans. En effet, la séance consacrée aux questions orales a été houleuse au point de pousser le ministre de l’Industrie jusqu’à accuser certaines parties de servir de sous-traitants pour le compte de réseaux étrangers au dépend de l’intérêt de l’Algérie.   «Nous avons constaté que des lobbies extérieurs tentent d’influer sur nos décisions. Dans le passé, ces opérations, certaines fictives, qui incluaient des partenaires étrangers avaient saigné à blanc le Trésor public», a clamé Ferhat Aït Ali. Passant à l’offensive, celui-ci a estimé que «ces pratiques coûtaient à l’Etat 12 milliards de dollars, sans profits en retour, et personne ne les dénonçait », avant d’asséner : « les deux milliards de dollars qui seront consacrés à l’importation vont générer beaucoup de bénéfice au Trésor public, contrairement à ce que croient certains sénateurs, qui se sentent menacés de perdre leur business avec des parties étrangères au détriment de l’intérêt de leur pays ». Cette réplique n’a pas manqué de faire réagir le sénateur Abdelouahab Benzaïm, qui s’est révolté contre les propos tenus par le ministre, rappelant à ce dernier d’assumer ses accusations. « Vous n’avez pas le droit d’accuser qui que ce soit de trahison », avait répondu le sénateur à l’endroit de Ferhat Aït Ali, avant que l’échange tendu entre les deux hommes ne soit interrompu par le modérateur de la séance. Loin de cautionner le refus du ministère de l’Industrie de publier la liste des quatre concessionnaires bénéficiaires des agréments provisoires pour l’importation de véhicules neufs, certains sénateurs ne se sont pas privés d’accuser à leur tour le ministre de vouloir avantager des opérateurs au détriment d’autres. Des sources médiatiques ont cité le nom de Rebrab parmi les personnes supposées bénéficier de soutien. Pour eux, le fait de garder secrète la liste des concessionnaires retenus contribue forcément à nourrir les soupçons, et qu’il est impossible dans ce contexte d’empêcher les folles rumeurs à ce sujet. Toujours est-il que la décision du ministre de ne pas publier la liste des « heureux » bénéficiaires continue d’alimenter les spéculations. A propos de l’annulation de l’importation de véhicules d’occasion de moins de trois ans, Ferhat Aït Ali a dû faire face à de sévères critiques de la part des sénateurs. Justifiant le gel ou l’annulation, c’est selon, d’une opération pourtant adoptée dans le cadre de la loi de Finances 2020, le ministre de l’Industrie a déclaré que les fonds en devises, qui allaient alimenter l’importation de véhicules d’occasion sont générés par le marché noir et « proviennent principalement de produits suspects et des revenus criminels ». Ce à quoi, un sénateur a répliqué :   « puisque le ministre de l’Industrie estime que le marché noir est issu des revenus criminels, qu’il prend la décision de le fermer. C’est à lui de prendre le décision finale et pas à nous », avant de reprendre, « le ministre de l’Industrie était parmi les premiers a réclamer le relance de l’importation des voitures de moins de trois ans. Avant sa désignation comme ministre, il n’arrêtait pas de le demander lors de ses passages sur les plateaux, en se définissant comme expert économique. On ne comprend pas pourquoi il a changé d’avis d’un seul coup », s’est-il interrogé. Ferhat Aït Ali, qui a, en conclusion, dénoncé une campagne malveillante menée contre son département depuis Marseille, s’est limité à soulever un sérieux problème, sans identifier pour autant les parties « exerçant des pressions pour imposer leurs conditions », ni, « leurs enfants qui se livrent à des campagnes tendancieuses à partir de l’intérieur et de l’extérieur du pays ».

Mohamed Mebarki

Dernière modification le vendredi, 22 janvier 2021 21:29
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85