Skikda: forêt récréative de bengana 

Dilapidation des richesses naturelles

13 Fév 2018
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Le sujet de la forêt récréative devient de plus en plus brûlant au niveau local. Des sources indiquent qu’une pétition relative à la réouverture de la forêt récréative de Bengana signée par plusieurs dizaines d’associations a été adressée récemment au P/APC sortant et à l’administration locale.
Mais cette pétition est demeurée sans suite. Des conversations citoyennes qui tournent autour de la dénonciation de cette ‘’hogra’’ dont est victime la population de Skikda, par le biais des lois de la République foulées aux pieds pour l’intérêt de l’insatiable mafia du foncier local, aidée par des canaux intéressés et en particulier par un parti localement bien implanté. Le ras- le -bol est bien souligné et des personnes ont tenu à signaler qu’ils s’apprêtent à saisir le Sénat et l’Assemblée Populaire Nationale (APN) pour crier leur détresse et surtout dénoncer les solutions mises sur la table par l’administration locale concernant l’éventuel changement de mains de la forêt récréative de la route supérieure de Skikda sous les habituels prétextes du... développement. Pour notre part, dans ce cadre, nous avons fait une enquête pour mettre en exergue la dilapidation et l’ignorance manifestement voulue, des besoins pour ne pas dire des droits à un cadre de vie normal pour les habitants. Nous ne parlerons pas du foncier industriel dont l’utilité est bien assise, mais de celui qui figure avec des projections de développement urbain sérieux et qui ne devrait pas pourchasser le citoyen dans son cadre de vie, cela étant  justifié  par les Plans Directeurs d’Aménagements Urbains (PDAU) et les Plans d’occupation des sols (POS) de Skikda. Notre énumération tient donc compte des deux paramètres, le premier devant être un développement harmonieux de la cité à savoir l’habitat et les infrastructures qui y sont liées et l’environnement du citoyen en matière d’espaces de détente, de loisirs et développement humain harmonieux. Le premier cas est l’annulation du projet du mont El Mouadher, qui devait jouer le rôle de forêt -tampon avec la plantation de plusieurs  dizaines d’hectares avec une densité d’un arbre pour 5 m2  entre la zone hydrocarbures et la ville et qui visait  à  atténuer les émanations des rejets atmosphériques de la plateforme, source de pollutions à l’origine de maladies respiratoires ainsi que d’autres pathologies et d’éventuels accidents. Vient ensuite le scandale de la forêt de Gargar avec ses 16 hectares de bosquets, pins et chênes au centre - ville en contrebas du mont El Mouadher, «convoitée» par deux directions de l’exécutif de la wilaya à savoir celle des forêts et de l’Environnement ainsi que par l’APC de Skikda. Les trois institutions, études en mains, voulaient offrir à la population une aire de détente et de loisirs selon des standards modernes, qui tient compte du caractère forestier des lieux, mais c’était compter sans la puissance de l’oligarchie, puisque les autorités par le biais du CALPI cèdent en premier chef sur une parcelle de 1407 m2 (documents en notre possession) puis sur le reste.  Le rêve de près de 200 000 habitants s’est envolé, transformé par une poignée de flibustiers en une chimère .Cela risque d’être le cas de la forêt récréative de la route supérieure de Stora qui est encore plus scandaleux,  car le lieu existe depuis les années 80 et constitue,  pour au moins 2 générations de natifs de la belle Russicade et des touristes,  un port d’attache empli de souvenirs,   où ils pouvaient  se ressourcer . Notre quotidien s’est fait l’écho des manœuvres malsaines de certains cadres. Effectivement, ce sont les élus majoritaires  de la municipalité de Skikda qui ont été instruits d’offrir sur un plateau d’argent les lieux non pas parce que les promoteurs immobiliers n’avaient pas une assiette foncière mais parce que les citoyens ne méritent pas d’évoluer et se détendre dans une forêt belle et luxuriante qui surplombe, le port de la ville, la baie de Stora, l’ile de Sérigina et permet même de fixer par temps clairs, la station balnéaire de Larbi Ben M’hidi . Les 20 km ininterrompus de sable entre Guerbez et la Marsa ainsi que le Cap de fer, les deux dernières étant par route à près de 100 km du chef-lieu de wilaya. Comment a été montée « la cabale de la forêt de Bengana . » ? Au départ, l’APC sortante en novembre 2017 avait l’intention de rouvrir la forêt sur la base d’une étude qui avait été faite par un bureau d’études local, retenu sur la base d’un concours lancé par une précédente APC. Le mur d’enceinte a été confié et réalisé  par  une entrepreneur localisée à Ramdane Djamel pour un montant de 50 millions de DA , puis tout s’arrête !  La population est sidérée, le président de l’APC se déjuge plus tard, et tente d’effacer toute trace d’un lien de son institution avec la forêt (Une de nos éditions). Le wali d’alors ordonne aux élus la réouverture mais se trouve limogé après seulement 3 mois d’activité ( il aurait dérangé les affaires en cours de certains représentants du peuple et leurs commanditaires ) le suivant jette l’éponge après quelques mois et part vers le Sud du pays et aujourd’hui, il est demandé, toujours selon nos sources, à la direction des forêts ( concernant la forét récréative de Bengana ) de réintégrer la partie leur appartenant dans leur patrimoine l’autre faisant partie du domaine privé de l’Etat ( bien vacant ) revenant automatiquement  aux    Domaines de la wilaya de Skikda ;  une habile manœuvre qui va aboutir à trouver... une autre destination à ces lieux magiques ; le plan d’attaque des entrepreneurs est prêt selon toute probabilité comme le montre notre photo. Pour ce qui est de la population de Skikda et leurs enfants il leur est demandé d’exporter leur soif de détente et de loisirs vers d’autres cieux, car toujours selon des sources émanant de personnes fiables ;  deux forêts récréatives leur seront proposées prochainement : la première à Oued Eàta sur  le chemin de wilaya N° 12 qui relie la commune de  Hamadi Krouma à Larbi Ben M’hidi,  ce sur les hauteurs proches d’El Guelta et la seconde sera positionnée à l’entrée de  Guerbez . Si la première est proche de Skikda malgré le manque d’infrastructures la seconde est très loin en distance et des standards d’un lieu de détente et loisirs. Pour conclure durant notre enquête et recherches une chose est demeurée sans explications. Pourquoi les responsables locaux et les élus, en particulier ceux de l’APW n’ont pas fait de demandes à la Commission de wilaya des forêts selon les lois et décrets en vigueur (Décret exécutif 06/368 du 19-10-2006) . Où se trouvent les documents relatifs au transfert de la forêt de Bengana en février 1984 entre la direction des forêts qui en avait la gestion et l’APC de Skikda qui lui avait succédé ?  A cause de ces omissions, la wilaya de Skikda détient de tristes records. Pas une seule forêt récréative pour près d’un million d’habitants du pays et 0,68 mètres d’espaces verts par habitant cela pour le chef- lieu de wilaya au lieu de 12 mètres carrés selon les normes nationales et celles retenues par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Comment va se terminer cette ubuesque affaire ? Par le retour au droit ou à son déni ? Wait and see !

M.O

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