Moralisation de la justice

Zeghmati passe à l’action

17 Aoû 2019
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Moins de deux mois après sa nomination au poste de ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati a-t-il décidé enfin d’effacer les traces laissées par son prédécesseur ? Nul doute qu’il va tout actionner, pour extraire tout ce qui a rapport avec Tayeb Louh, mais en homme averti, il va surtout s’employer à faire le ménage proprement, sans donner à ses adversaires le prétexte de dire qu’il est venu régler ses comptes.  C’est donc dans le cadre de la loi, qu’il va agir, sans tenir compte des spéculations. Jeudi dernier, il a ordonné la suspension de deux juges. Le premier exerçant près le tribunal d’El Harrach, pour non respect de l’obligation de réserve et, chose gravissime, pour usurpation d’identité. Et le second, exerçant près la Cour de justice de Tiaret, pour abus de fonction et comportement nuisible à la réputation du secteur de la justice. Pour ces deux cas, Belkacem Zeghmati a agi en application de l’article 65 de la loi organique portant statut de la magistrature, stipulant qu’ « en cas où le ministre est informé d’une faute grave commise par un magistrat (…), il procède immédiatement à sa suspension, après enquête préliminaire comportant les explications du magistrat concerné et après avoir informé le bureau du Conseil supérieur de la magistrature ». En vertu de la même loi, il a procédé au limogeage du procureur de la République près le tribunal de Tlemcen, pour abus de fonction et violation délibérée de procédures juridiques avec la soumission de son dossier à l’enquête. Le limogeage de ce procureur serait en rapport avec les déclarations que ce dernier a faites au sujet de Khalida Toumi. Pour rappel, il avait annoncé à la presse que l’ancienne ministre de la Communication était à l’étranger, et que par conséquent, il était impossible de l’auditionner au sujet des scandales financiers liés à la manifestation Tlemcen, capitale de la culture islamique. Le lendemain, Khalida Toumi avait démenti, en affirmant à l’APS, qu’elle n’a pas quitté l’Algérie depuis une année. C’est à la suite de cet imbroglio, que Slimane Brahmi avait été écarté et remplacé par Belkacem Zeghmati. De nombreuses sources lient le limogeage de Slimane Brahmi aux pressions qu’il aurait exercé sur Belkacem Zeghmati, alors procureur près la Cour d’Alger, afin de le convaincre d’épargner Tayeb Louh, ne serait-ce que momentanément. Quoi qu’il en soit, Belkacem Zeghmati est mieux placé que quiconque, pour savoir, que quel que soit le degré de son intégrité, cela restera insuffisant pour assainir complètement le secteur de la Justice, s’il n’est pas soutenu dans ses efforts par une volonté politique réelle de la part des tenants du pouvoir. Pour que l’Etat de droit soit enfin une réalité, il faut plus que des discours. Belkacem Zeghmati en est conscient. Il a sûrement tiré les leçons de tout ce qui lui est arrivé à cause de Chakib Khelil, et du mandat d’arrêt international lancé contre ce dernier, et rejeté par Interpol. Ne dit-on pas qu’un homme averti en vaut deux ?

Mohamed Mebarki

 

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