Les islamistes victimes de leur vision sectaire

La déroute des frères-ennemis

27 Fév 2021
956 fois

Les islamistes digèrent mal leur déroute politique et sociétale. Ils refusent de l’admettre, mais à travers chacune de leurs sorties médiatiques, leur désarroi apparaît au grand jour et met à nu leurs profondes contradictions. Partage de rôles ou illustration de positions irréconciliables ? Dans une conférence de presse animée hier au siège du parti, le chef du MSP a tenu un discours, qui a surpris plus d’un, en déclarant que « le Hirak a ébranlé les fondements du système corrompu». Abderrazak Makri a même critiqué le pouvoir, qui, selon lui, « fait semblant d’assumer le message du Hirak pour tenter de l’étouffer, à travers la politique de la carotte et du bâton ». A peine deux semaines après avoir été reçu en audience à la Présidence où il avait exprimé à Abdelmadjid Tebboune « l’adhésion totale et pleine de sa formation au front interne face à toute menace de l’extérieur », le chef du MSP change son fusil d’épaule et se drape de nouveau de l’habit de l’opposant irréductible. Ce qui n’est pas le cas d’une autre chef de parti, se réclamant lui aussi de la mouvance islamiste ; Abdelkader Bengrina en l’occurrence. Ce dernier, qui ne s’est guère embarrassé des précautions d’usage, du moins pour des considérations d’éthique et d’honnêteté intellectuelle, est passé outre les revendications d’ordre politique portées par la rue, pour braquer toute son attention sur des sujets, qui ont été peut-être abordés par certains salons politico-médiatiques, mais qui n’ont jamais été soulevés au sein du Hirak populaire. Ainsi, selon lui, la lutte actuelle met face à face deux camps diamétralement opposés : les partisans d’un Etat central et ceux qui appellent à un Etat fédéral ! D’après le chef du mouvement El Bina, le conflit entre les deux parties est en train d’investir le Hirak. Dans son ignorance abyssale de l’histoire contemporaine de l’Algérie, le candidat malheureux aux élections présidentielles du 12 décembre 2019, n’a même pas eu la présence d’esprit d’aller consulter les archives. S’il l’avait fait, il aurait su comme tous les Algériens, que la question qui lui fait tant peur, avait été discutée par les dirigeants de la révolution de libération nationale lors du Congrès de la Soummam, sans que cela ne soit assimilé à des tentatives de division. Mieux encore, au début des années 1990, feu Salah Boubnider connu sous le pseudonyme de « Saout El Arab », et que l’on ne peut accuser de sécessionniste, prit à son compte la question sans que cela ne provoque le moindre remous. Poursuivant son hallucination, Abdelkader Bengrina estime que la minorité qui veut, selon lui, diviser le pays est aujourd’hui présente dans les rouages les plus sensibles de l’Etat. En conséquence, il craint que le rapport de forces ne bascule à l’avantage des partisans de la transition au détriment d’une majorité attachée à la poursuite des réformes politiques telles que tracées par Abdelmadjid Tebboune. En appelant franchement à « l’épuration » du Hirak des voix que lui seul a entendues, qui appellent au « séparatisme », il dévoile avec un excès de zèle inégalé ses penchants rétrogrades et intolérants, dans un rôle de diversion, piètre dans sa forme et ridicule dans son contenu. Sachant que le Hirak représente une menace permanente pour lui et ses frères-ennemis qui sont pourtant de la même obédience, Abdelkader Bengrina est déjà aux abois.

Mohamed Mebarki

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85