La mobilisation est de mise

Hirak intact

27 Fév 2021
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Le mouvement populaire, appelé communément Hirak, confirme la reprise de sa mobilisation hebdomadaire. Après les marches de lundi dernier organisées pour marquer le 2e anniversaire d’une réaction politique citoyenne contre un système autoritaire, des milliers de personnes ont envahi à nouveau la rue pour réitérer à nouveau l’exigence d’un vrai changement. Le test est réussi. En dépit d’une forte présence policière remarquable dès les premières heures de la matinée, la fermeture des accès à l’intérieur des villes, les manifestants se sont montrés déterminés à signer une reprise de leur Hirak suspendu, pendant près d’une année en raison de la pandémie de Covid-19. C’était le cas à Alger, où les forces de police ont carrément fermé, depuis le début de la matinée, les itinéraires habituels des marcheurs : place du 1er mai, place des Martyrs et Rue Didouche Mourad menant vers la place mythique du Hirak, Maurice Audin. Mais en vain. Peu avant 14h00, des manifestants, dont la majorité venait des mosquées environnantes, entament, par centaine, la marche en entonnant, en chœur, les slogans habituels du Hirak. Face à la mobilisation, les cordons de sécurité ont dû céder permettant ainsi la formation de processions de plus en plus importantes. Celles-ci ont toutes convergé vers Alger-Centre qui a été le théâtre, pendant plusieurs heures, d’une grandiose marche à laquelle ont participé jeunes et moins jeunes, hommes et femmes ainsi que des vieux. La foule, munie de banderoles, pancartes et emblèmes, a défilé en montrant sa colère contre les tenants du pouvoir en place. « Daoula madania, machi 3askaria (pour un Etat civil et non pas militaire) », « Djazair Hourra démocratia (Pour une Algérie libre et démocratique) », « Y’en a marre de ce pouvoir », lancent les manifestants. Ils dénoncent aussi l’attitude des agents de renseignements qui ont maltraité les manifestants du Hirak. Pour cette nouvelle journée de mobilisation, les manifestants ont respecté globalement le port de masque de protection, contrairement à la marche de lundi dernier où on a constaté un certain relâchement. Comme à Alger, plusieurs villes du pays ont été le théâtre de manifestations ayant drainé des foules très compactes, à l’image de Bejaia, de Tizi Ouzou, de Bouira, de Sétif, de Batna. Cette mobilisation a, en tout cas, un sens : c’est l’échec de la contre-révolution menée depuis plus d’une année. Ces derniers jours, nous avons assisté à une campagne organisée pour tenter de semer la division au sein du mouvement populaire. Le pouvoir a même joué la carte de la peur en diffusant au JT de 20h00 de l’ENTV d’un ancien terroriste qui avait affirmé que « l’objectif des terroristes était d’infiltrer le Hirak et de le pousser à la violence ». Lundi dernier, la télévision publique a ajouté une couche en affirmant que « des militants d’un parti dissous et une organisation interdite ont lancé des slogans contraires à la ligne nationale ». Cette manœuvre ne fonctionne pas. Le Hirak reste rivé sur son objectif.              

Samir Rabah

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