L’Intersyndicale de l’Education renoue avec la contestation

Menace sur la trêve

18 Fév 2021
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Le secteur de l’Education, régulièrement agité par des grèves cycliques, connait cette année une relative sérénité, conséquence d’une trêve syndicale qui ne dit pas son nom, probablement à cause de la crise sanitaire.  Sauf que les syndicats viennent d’établir un constat selon lequel la mise en latence de leurs revendications socioprofessionnelles, un geste d’apaisement de leur part, est observée au détriment des différents personnels de l’éducation, une des catégories les plus impactées par la baisse du pouvoir d’achat en Algérie, du fait de la faiblesse des salaires. C’est un peu l’esprit global qui se dégage de la réunion tenue avant-hier par l’Intersyndicale de l’Education qui « face à la sourde oreille de la tutelle », menace de revenir à l’agitation et considère même le recours à la grève dans les prochains jours comme « nécessaire », selon le communiqué de la réunion à laquelle avaient pris part, l’UNPEF, SATEF, SNTE, SNAPEST CNAPESTE, CLA. Dans les prochains jours, les conseils nationaux des différents syndicats vont tenir leurs conseils nationaux respectifs pour discuter justement de l’opportunité ou non de la grève avant que l’Intersyndicale ne l’entérine, in fine, pour lancer un préavis de grève. Meziane Meriane, une des figures emblématiques du « militantisme syndicale » dans l’Education, connu surtout pour sa tempérance et son sens du compromis est convaincu que « le choix de la grève sera plébiscité, vu la situation dramatique des personnels de l’Education » Pour rester dans le champ sémantique de l’école, les syndicats parle de tableau noir en évoquant les doléances qui n’ont fait que s’enkyster au fil des années, faute de réponses concrètes de la part des ministres qui se sont succédés à la tête d’un département le plus en proie aux turbulences. Le fameux statut particulier des personnels de l’Education reste la revendication phare et consensuelle des personnels de l’Education qui réclament sa mise à jour, considérant qu’il est « aujourd’hui dépassé, malgré les amendements apportés en 2008 et 2012 « Adopté en 2008 puis modifié en 2012, l’application du décret exécutif n°12-240 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale a démontré beaucoup de défaillances. D’où la création d’une commission mixte pour la discussion et la correction des différentes failles soulevées. Jusqu’à aujourd’hui, ça traîne encore ! Finalement, ce n’était qu’une fuite en avant », juge Sadek Dziri , le patron de l’UNPEF qui en vient même à regretter l’attitude conciliante des syndicats au nom de l’intérêt supérieur des élèves. Mais si la révision du statut est légitime dans son principe, on voit mal le Gouvernement actuel y apporter une quelconque et infime réponse positive, pour la bonne raison que son incidence financière le rend incompatible avec l’état actuel des finances du pays. Reste le levier des primes que le gouvernement a souvent utilisé pour faire baisser la tension. Du moins pour les personnels du Sud et des Hauts-Plateaux. Quant au retour de la retraite anticipée, une autre revendication, celle-ci parait juste surréaliste, au moment où la Caisse de retraite voit son déficit s’accumuler d’année en année, sachant qu’une bonne fraction des retraités actuels est issue du secteur de l’Education. Le Directeur de la Caisse nationale de retraite, Slimane Mellouka , avait même défendu dernièrement le principe d’un départ à la retraite à 65 ans, des propos considérés par les syndicats comme un chiffon rouge qui, néanmoins renvoie encore à la maladie des finances du pays. C’est dire finalement qu’une éventuelle rupture de la trêve ne fera pas bouger les choses en termes d’acquis syndicaux, mais pourrait en revanche conduire à des turbulences auxquelles le secteur a, jusque-là, échappé.

H.Khellifi

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