Fermeture des établissements scolaires

La question qui divise

14 Nov 2020
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Faut-il procéder à la fermeture des établissements scolaires, moins d’un mois après la reprise des cours dans les écoles primaires et 9 jours seulement après le retour en classes des collégiens et des lycéens ? Cette option est-elle exagérée, du moins actuellement ? La question motivée par la recrudescence des contaminations en Algérie divise les syndicats du secteur de l’éducation et les organisations des parents d’élèves. Certains voient dans une telle mesure, un échec du ministère de tutelle dans la gestion du protocole sanitaire ; mais s’interdisent de l’exprimer publiquement, afin de ne pas contrarier les pouvoirs publics, à l’image de l’association nationale des parents d’élève (ANPE), pour qui, « il est inadmissible de demander la fermeture des écoles et de compromettre l’avenir des élèves, car la flambée des cas Covid-19 n’est pas dû à la réouverture des écoles, mais plutôt à l’autorisation de reprise de certaines activités, au non-respect des gestes barrières, à la réouverture des parcs de loisirs et au non-respect du protocole sanitaire ». L’ANPE, qui rejette la fermeture des établissements scolaire, la qualifiant de « solution de facilité », accuse certains syndicats des enseignants de faire dans l’alarmisme, alors que selon elle, « aucun syndicat n’est en mesure de faire un travail de décompte ou de s’enquérir de la situation sanitaire dans les 27 000 établissements dont dispose le pays ». Pour le président de l’ANPE, au lieu de réclamer la fermeture des écoles, il faut plutôt s’appliquer dans « l’application rigoureuse du protocole sanitaire à l’intérieur des établissements », à l’heure où le pays connait une flambée inquiétante de l’épidémie. De son côté, le professeur Mostefa Khiati, président de la fondation nationale pour la promotion de la santé, a estimé que l’épidémie ne constitue aucun danger pour les élèves. « Laissons nos enfants poursuivre normalement leur scolarité », a-t-il déclaré sur les ondes de la radio locale de Sétif, tout en s’attendant paradoxalement à une hausse des contaminations dans le pays pour les prochains jours ! En même temps, il a considéré qu’il est aujourd’hui impossible de démarrer l’année universitaire dans ce contexte ! Plus pondéré, le docteur Mohamed Bekkat Berkani s’est abstenu de se prononcer sur la question de la fermeture des établissements scolaire, du moins maintenant.   « Aujourd’hui, nous sommes dans les exceptions qui confirment les règles. Si jamais nous assistons à une situation haussière, c’est-à-dire de plus en plus de cas dans les classes, ce sera alors une autre donne. Maintenant, pour ce qui est de la manière avec laquelle nous comptons procéder, il faut savoir qu’avec plus de trois cas contaminés, nous fermons la classe, plus de trois classes touchées, nous fermons l’établissement scolaire en question », a-t-il estimé. Prudent comme à son habitude, le membre du comité scientifique de suivi de l’épidémie n’a en aucun moment écarté catégoriquement la fermeture des écoles. « Il va sans dire, que dans des cas de force majeure, il est important, voire nécessaire, de prendre des mesures radicales en phase avec la situation », a-t-il dit. « Nous ne pouvons pas mettre la santé des enfants, de leurs enseignants et de leurs parents en danger. Nous ne courrons pas ce risque. Il faudrait opter pour une fermeture transitoire des écoles », a-t-il conclu. 

Mohamed Mebarki

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