Le procureur de la république requiert le durcissement de sa peine

Abdelmoumène Khalifa risque la perpétuité

12 Nov 2020
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Perpétuité ! C’est désormais la peine encourue par l’ancien PDG du groupe Khalifa, Abdelmoumène Khalifa, dont le procès se poursuit, depuis dimanche dernier, au tribunal de Blida. Purgeant déjà une peine de prison de 18 ans, prononcée à son encontre en 2015, l’ancien « golden boy » algérien risque de voir sa condamnation alourdie. En effet, le procureur de  la république près le même tribunal a requis, hier, la prison à vie contre lui. S’exprimant à l’issue de l’audition des 12 accusés dans cette affaire, le représentant du parquet a aussi réclamé la saisine de tous les biens d’Abdelmoumène Khalifa, dont l’affaire de la gosse escroquerie a défrayé la chronique au début des années 2000. Le procès Khalifa, rappelons-le, est tenu pour la troisième fois depuis l’éclatement du ce scandale qualifié à l’époque de l’affaire de siècle. Le même tribunal avait déjà traité à deux reprises ce dossier. La première fois, c’était sans la présence du principal accusé qui était en cavale. Le deuxième procès a eu lieu en 2015, après l’extradition par l’Angleterre où il s’était réfugié. A l’époque, le juge près le tribunal de Blida l’avait condamné à une peine de 18 ans de réclusion, assortie d’une amende d’un million DA,  avec confiscation de ses biens. Au-delà des peines encourus pars les accusés, la justice peine à traiter les conséquences de cette affaire sur les milliers de clients de Khalifa Bank. Les victimes de Khalifa Bank n’ont toujours pas récupéré leur argent. Ils risquent de ne jamais le revoir. Selon le liquidateur de cette banque, Moncef Badsi qui a livré son témoignage devant le tribunal, le plus gros des sommes déposées par des particuliers, des entreprises et des organismes publics dans cette banque ne sont pas récupérées. « Dix ans après le début de la liquidation de Khalifa Bank, 86% des sommes qui y sont déposées n’ont pas été récupérées », affirme-t-il. Et d’ajouter : « 11 000 personnes ont été inscrites sur la liste des indemnisés, dont 4000 ont été exclues après confirmation de leur tentative d’obtenir des indemnités indues ». Selon lui, il a été décidé d’indemniser à hauteur de 14% toutes les victimes recensées. « Mais beaucoup d’entre elles (les victimes) ont refusé ce taux, en particulier ceux qui ont déposé des sommes importantes », indique-t-il. Les 2000 partenaires de Khalifa Bank parmi les ressortissants algériens à l’étranger, enchaine-t-il, « ne se sont pas présentés pour récupérer leurs indemnités évaluées à 28 milliards de centimes ». Comme durant les premiers procès, celui qui se déroule actuellement n’a pas dérogé à la règle fixée on ne sait par qui. Aucun haut responsable de l’époque n’a été inquiété. Dans le meilleur des cas, des ministres sont convoqués comme témoins, à l’image de l’ancien ministre du Travail et président du parti islamiste, Bouguerra Soltani, qui a affirmé, mardi devant le juge, « qu’il n’était pas au courant que les différentes caisses dépendant de son département ont déposé leur argent chez Khalifa Bank ».

Samir Rabah   

Dernière modification le vendredi, 13 novembre 2020 19:42
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