Covid-19: Benbouzid alerte

il y a danger

07 Nov 2020
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Mardi 3 novembre : 405 contaminations. Mercredi 4 novembre : 548 contaminations. Jeudi 5 novembre : 642 contaminations et hier vendredi 6 novembre : 631 contaminations. Une légère baisse non significative, faut-il le signaler. Selon les autorités sanitaires, ce n’est pas encore la 2ème vague, dont le spectre plane déjà sur le pays, mais la dégradation actuelle de la situation épidémiologique pourrait laisser entrevoir le pire en l’absence d’une réaction individuelle et collective des Algériens, appelés à un sursaut salutaire « avant la catastrophe », selon les propres termes du docteur Mohamed Bekkat Berkani. Intervenant hier à la radio de Sétif, le membre du comité scientifique a fait savoir que les structures hospitalières dans les wilayas de Jijel et Sétif sont arrivées à la saturation et à tous les niveaux, estimant « que c’est le relâchement dans les mesures de prévention au niveau de la population », qui en est la cause directe. La veille, jeudi, le ministre de la Santé avait tiré la sonnette d’alarme, usant de propos, qui ne laissent aucun doute sur les sombres perspectives sanitaires auxquelles s’attend désormais le gouvernement. « Il y a péril en la demeure, il y a danger, il y a danger », a prévenu Abderrahmane Benbouzid lors d’une conférence animée avec les cadres de son ministère. « Je peux vous dire que le futur sera plus dangereux. On ne sait pas comment sera la situation dans deux à trois mois », a-t-il laissé entendre sur un ton, qui pourrait être assimilé à un aveu d’impuissance et de découragement. Un sentiment de fatalisme, qui suscite plutôt l’inquiétude chez de nombreux citoyens n’arrivant pas à voir avec exactitude le plan d’action mis en œuvre par les pouvoirs publics pour renforcer le dispositif de lutte contre l’épidémie du coronavirus. Que le docteur Adel Boudahdir, médecin-réanimateur au CHU Frantz Fanon de Blida aggrave davantage en évoquant des « chiffres horribles » et une recrudescence « sérieuse » du nombre de cas Covid-19 « graves et moins graves » au niveau de son établissement. Dans une déclaration reprise par TSA, ce dernier a fait savoir que l’hôpital est passé à trois services Covid-19, précisant pas la même occasion que le nombre des patients en soins intensifs a atteint 38 mercredi dernier, rien que dans ce seul établissement. Qu’en est-il alors au niveau national ? A propos de la 2ème vague, le docteur Adel Boudahdir n’a pas cherché à tergiverser pour donner son avis. « On pourrait dire que ce sont les prémices. Pour l’instant, nous n’en sommes pas encore à ce stade, mais si cela continue, avec le non-respect des mesures-barrières, on y arrivera fatalement », a-t-il averti. Quant au docteur Mohamed Yousfi, la hausse des contaminations a deux causes : les citoyens qui ne respectent pas les mesures-barrières et les autorités locales qui ne font rien pour imposer le respect de ces consignes sanitaires. Alors que d’autres professeurs et praticiens, à l’image de Kamel Senhadji, qui a relevé « un changement dans le comportement du virus  de sorte qu’il s’adapte au corps humain sans le tuer », ou le docteur Khaled Saïd, président de l’Union des médecins algériens pour la région de l’Est, qui a estimé que le virus a perdu de sa virulence et qu’il est moins dangereux, essaient de dédramatiser. « Ce virus a un instinct de survie. Au début, quand il a commencé à se propager, lorsqu’il infecte une personne, il la tue. Par conséquent, il ne peut pas évoluer dans une cellule morte. Il s’est donc accommodé et a muté de façon telle qu’il est devenu moins dangereux pour vivre plus longtemps ». Tel est le raisonnement du docteur Khaled Youcef, pour qui, « la virulence du virus est inversement proportionnelle à la propagation. Mais attention, la virulence persistera pour les personnes âgées et celles immunodépressives ». En ce qui concerne le professeur Kamel Senhadji, « les mutations par ces mêmes virus se font de façon à ce qu’il y ait une persistance dans leur survie, mais sans tuer la personne qu’ils infectent ». Selon lui, « cette mutation va dans le bon sens et c’est cela qui va aider à développer nos défenses immunitaires ». Réalisme ou cynisme scientifique ?

Mohamed M

Dernière modification le vendredi, 06 novembre 2020 20:53
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