Ouyahia devant les députés dimanche

Grand oral sur fond de crise financière  

12 Sep 2017
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Ahmed Ouyahia présentera son programme devant les députés dimanche prochain, selon un communiqué de l’APN, qui indique en outre que les débats se poursuivront lundi et mardi, alors que jeudi est réservé aux réponses avant le vote. Un vote qui ne fait pas du reste le moindre doute puisque la majorité RND/FLN, sans compter les autres partis est totalement acquise. Mais la présentation de ce programme survient sur fond de controverse sur les moyens que le gouvernement compte mettre en œuvre pour le règlement de la crise économique qui est actuellement le vrai problème. Le dernier Conseil des ministres avait en effet acté la décision d’amendement de la loi sur la Monnaie et le Crédit pour permettre l’opérabilité de la nouvelle orientation fondée sur le recours à des moyens non conventionnels pour financer le déficit structurel qui a déjà englouti les 5.300 milliards de dinars du Fond de Régulation des Recettes (FFR), un prêt de la Banque Africaine de Développement(BAD) l’argent de l’emprunt obligataire et environ 70 MDS de réserves de change. La situation est comme l’a reconnu Ouyahia « préoccupante ». Et au train où vont les choses, c’est le spectre de la faillite qui se profile à l’horizon proche.  Pour y faire face décision est donc prise  « à titre exceptionnel et sur une période de cinq ans », comme c’est écrit dans le programme du gouvernement il, sera donc fait appel à des moyens non conventionnels. Autrement dit, la Banque d’Algérie va émettre de la monnaie (de singe) pour prêter de l’argent au Trésor public qui doit notamment fiancer le Fond national d’investissement, le but étant d’éviter la rupture de la « dynamique d’investissement ». L’émission de la monnaie va relancer la spirale inflationniste, préviennent les économistes qui mettent en garde aussi contre la dévaluation de la cotation  du dinar, mais surtout contre le risque de dégradation du niveau de vie des citoyens, particulièrement les couches fragiles. « Les gouvernements précédents nous accusaient de cultiver +l’alarmisme+, de chercher à +démoraliser+ le peuple, ils ont même mis en doute notre patriotisme, alors que notre objectif était juste d’alerter les pouvoirs publics, de poser un diagnostic froid sur l’état de la situation économique du pays », constate avec amertume l’économiste Smail Lalmas, cité par Algérie1. Sur le financement non conventionnel, il est farouchement contre : « le gouvernement a cité l’exemple du Japon et des Etats Unis qui ont eu recours, pour une période à ce mécanisme, mais c’est un mauvais exemple, car notre économie n’a strictement rien à voir avec les économies de ces deux pays et pire que cela, ils ont eu recours à ce moyen pour lutter contre la déflation », a-t-il expliqué. « C’est bien de mettre en place ce modèle, mais le gouvernement aurait dû aussi présenter les instruments qui permettront de lutter contre les conséquences négatives de ce type de financement », souligne cet économiste dont le propos fait écho aux mises en garde exprimées par d’autres experts en économie. Ahmed Ouyahia croit pouvoir juguler les effets inflationnistes de la démarche en « rationnalisant la gestion des finances publiques » C’est peut être facile à dire mais plus difficile à faire, observe Abderrahmane Mebtoul qui n’est pas opposé dogmatiquement au recours à l’endettement extérieur pour la réalisation de projets producteurs de valeur ajoutée pour l’économie algérienne. Il cite à ce propos, la construction du nouveau port de Ténes dans la wilaya de Tipasa, en partenariat avec les chinois. Cet économiste est également favorable à l’assouplissement de la fameuse loi 59/41 régissant les IDE en Algérie .Il propose de la maintenir uniquement pour les secteurs stratégiques, afin d’augmenter l’attractivité de l’Algérie en termes d’investissements étrangers. Il s’agit donc pour le gouvernement Ouyahia de démontrer la faisabilité de son projet et surtout d’y faire adhérer les algériens, dans un climat marqué   par une profonde défiance entre le pouvoir et les citoyens.  

H.Khelifi.

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