Des journalistes parmi les manifestants arrêtés

Le sit-in contre un 4e mandat violemment réprimé

02 Mar 2014
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La manifestation contre le 4ème mandat, qui devait se tenir hier à Alger, a été violemment réprimée. Initié par des militants des droits de l’Homme, des écrivains, des journalistes et autres activistes de la société civile, ce rassemblement, prévu à la mythique Place Audin, au centre-ville, n’a pas pu avoir lieu. La centaine de personnes ayant répondu à l’appel s’est retrouvée face à un dispositif de sécurité impressionnant. Des milliers de policiers, aussi bien en uniforme qu’en civil, ont quadrillée cette place, dispersant les manifestants avant même qu’ils approchent le lieu du rassemblement. Des dizaines de personnes ont été arrêtées. Parmi elles, des journalistes du secteur public et privé. Les personnes arrêtées ont été conduites manu militari vers plusieurs commissariats d’Alger. Les manifestants ont été relâchés en fin d’après-midi, sans violence physique. L’intervention des forces de sécurité a été brutale, de l’avis des manifestants et des témoins ayant assisté à l’opération. «Le pouvoir au peuple, ni Bouteflika, ni Toufik, ni mafia, ni police politique, ni compromission avec les cercles dirigeants occidentaux ou orientaux, ni compromission avec les intégrismes», «oui à une Algérie libre, oui à une Algérie démocratique et républicaine, oui à une Algérie souveraine, oui à une Algérie moderne, oui à la préservation des ressources naturelles, oui à une Algérie prospère, oui à une éducation de qualité, oui à un enseignement supérieur de haut niveau, oui à une santé de qualité accessible à tous, oui à la méritocratie, oui à un Etat fort respecté et respectueux, oui à une Algérie comme voulue par les chouhada» sont autant de slogans scandés par les manifestants qui ont promis de réinvestir à nouveau la rue. « Ce n’est qu’un début », lance l’un d’eux. La célérité avec laquelle les policiers sont intervenus a démontré, encore une fois, qu’aucune voix discordante ne sera tolérée, ni laissée s’exprimer pour perturber les appels de soutiens au 4e mandat. De nombreuses réactions ont eu lieu. Les deux ailes de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme ont vivement dénoncé cette violente répression qui porte gravement atteinte à la liberté d’opinion et d’expression.

Réactions et dénonciations

« Ce jour, le 1er mars 2014, alors que se tenait un rassemblement pacifique au centre-ville d’Alger, faculté centrale,  pour protester contre le 4ème mandat. Le pouvoir algérien a bouclé toute la zone et a embarqué manu militari tous les citoyens et citoyennes venus pour y participer, en particulier les organisateurs de cette initiative ainsi que le Président de la LADDH, Me Salah Dabouzet, Mr Yacine Zaïd membre du bureau national qui étaient venus en tant qu’observateurs », a dénoncé le vice- Président Kaddour Chouicha, affirmant que « les agents de police ont, sans ménagement aucun, interdits à tout Algérien et Algérienne de s’approcher du lieu du rassemblement comme ils ont tout fait pour enlever tout appareil photographique afin de ne laisser aucune trace  de cette répression ». La LADDH dénonce « le comportement du pouvoir indique que ce dernier se considère en état de guerre contre la population Algérienne et, qu’à ce titre,  l’union la plus large doit se concrétiser pour débarrasser le pays des clans, quels qu’ils soient, qui entraînent le pays à la dérive ». De son côté, l’aile de Norreddine Benissad a énergiquement condamné cette répression et ces arrestations musclées, visant à empêcher des citoyennes et des citoyens à exercer leurs droits d’expression et de rassemblement pacifiques ». Pour lui, « ces pratiques reflètent la dégradation perpétuelle de l’état des libertés et des droits de l’Homme en Algérie, malgré « la levée » officielle de l’état d’urgence ». La ligue qu’il dirige rappelle aux autorités « leurs engagements nationaux et internationaux en matière du respect des droits de l’Homme et prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur ces dérives qui interviennent en période de tensions politiques, économiques et sociales ». Cette organisation reste ainsi « attachée, plus que jamais, aux principes immuables qui fondent une société démocratique ». La classe politique n’est pas en reste. Le parti Jil Al Djadid de Sofiane Djilali a vivement condamné cette atteinte à la liberté d’opinion. Le staff de campagne du candidat à la présidentielle Ali Benflis a également dénoncé une atteinte à la liberté d’expression. D’autres rassemblements contre le 4e mandat ont eu lieu plutôt dans le calme notamment à Bouira et Constantine.

Yanis Belmadi

Dernière modification le samedi, 01 mars 2014 19:28
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