L’ONIL lance un avis d’appel d’offres international

L’importation pour faire face à la crise du lait

13 Jan 2014
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Les tensions enregistrées ces derniers jours sur le lait en sachet semblent avoir été reçues comme une alerte par le gouvernement. Première action de grande envergure, l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL) lance, à travers des encarts publicitaires publiés hier dans plusieurs journaux, un appel d’offres international pour importer la poudre de lait. Dans cet appel d’offres, il est indiqué que la commande concerne à la fois la poudre de lait écrémé, la poudre de lait entier à 26% de matières grasses et la matière grasse laitière. En somme, tout ce qu’il faut pour produire du lait. Cependant, la quantité voulue n’est pas spécifiée. L’ONIL avait déclaré récemment avoir des stocks de poudre de lait suffisants pour faire fonctionner la filière pendant six mois. Il a importé 136.000 tonnes de poudre  de lait en 2013, soit une hausse de 13.000 tonnes par rapport à 2012. Autrement dit, l’Algérie dispose de suffisamment de matière première pour faire face aux besoins croissants de la population en matière de lait. Pourquoi va-t-on importer ? L’explication réside, selon toute vraisemblance, dans cette forte demande enregistrée sur le lait subventionné, ce qui nécessiterait probablement l’augmentation rapide du niveau de production pour éviter des pénuries en cette période électorale. Sinon comment peut-on justifier le lancement d’une telle opération d’importation (coûteuse) dans un contexte marqué par la flambée du prix de la poudre de lait sur le marché international? Le prix de la tonne est en effet passé de 3100 dollars à 4 950 dollars. Habituellement, de telles opérations s’effectuent dans des conjonctures plutôt marquées par l’effondrement des cours mondiaux des produits recherchés. Si donc le gouvernement n’a pas senti un besoin pressant d’importer, il se serait assurément abstenu –comme il l’a déjà fait- de passer commande jusqu’à ce que les prix de la matière première retrouvent leur cours normal. La hausse vertigineuse des cours mondiaux du lait s’est répercutée sur les prix des produits laitiers au niveau national et a directement impacté le pouvoir d’achat des foyers modestes. Le lait non subventionné se vend à partir de 90 DA le litre. Les fromages et yaourts ont également connu une forte hausse, devenant hors de portée pour certaines catégories de population. Il est donc évident que le gouvernement agit en conséquence pour se prémunir contre des tensions sociales à l’instar de celles enregistrées en janvier 2011 à cause de la hausse des prix du sucre et de l’huile de table, deux produits également subventionnés par l’Etat. Environ 40 milliards de dinars sont consacrés annuellement à l’importation de la poudre du lait. Il faut relever que, malgré la nette amélioration de la production nationale, 50% du lait consommé provient de l’étranger. 

Yanis Belmadi

Dernière modification le dimanche, 12 janvier 2014 19:36
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