L’IMPORTATION DE PRODUITS ALIMENTAIRES ATTEINT 4,17 MDS $ EN 5 MOIS

A qui profite la dilapidation des devises ?

30 Jui 2013
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La spirale infernale de l’import-import continue de gangrener l’économie nationale au fil des mois et des années. Les gouvernements successifs qui rivalisent de promesses de réduire la facture de l’importation, ne font que constater les dégâts de leurs politiques orientées vers l’étranger… L’administration des douanes vient d’afficher un autre tableau de bord de l’économie aussi sombre que les précédents. Il en ressort que les importations algériennes de produits alimentaires ont bondi de 15,6% durant les cinq premiers mois de 2013, par rapport à la même période de l’année dernière. La facture salée s’élève à 4,17 milliards de dollars (mds USD) contre 3,61 mds EN 2012 d’après un bilan des Douanes. C’est un autre triste record enregistré en pleine rhétorique officielle sur le «Patriotisme économique», à inscrire au crédit de l’actuel gouvernement. Abdelmalek Sellal s’était engagé en effet à réduire la facture des importations et mieux encore, impulser une relance économique. Or, ces chiffres ronds et froids renvoient à une réalité implacable que les voeux pieux et les effets de manche ne suffisent pas pour remettre l’économie algérienne sur la voie vertueuse de la performance. Et sans surprise, ce sont les produits alimentaires, qui représentent 17,7% de la structure des importations globales algériennes, qui tiennent le haut de l’affiche de cette facture. De fait, l’Algérie importe tout ce qu’elle consomme, ou presque. Et si cette tendance se poursuit- ce qui est très probable- on franchira allégrement la barre psychologique des 10 milliards de dollars de «bouffe» d’ici à la fin de l’année ! Selon les données communiquées hier par le Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis), les importations algériennes globales ont totalisé 23,58 mds USD durant les cinq premiers mois de 2013 contre 20,07 mds à la même période de 2012, en hausse de 17,52%. Ce sont presque 4 milliards de dollars d’augmentation en une année ! Un paradoxe économique pour un pays qui n’arrive même pas à arrêter rigoureusement ses prévisions. Malgré l’institutionnalisation de la loi des finances complémentaires, nos responsables ont bien du mal à juguler la frénésie de l’importation. Sellal reconduit l’échec… Cela étant dit, le CNIS souligne que même durant le mois de mai 2013, la facture des importations alimentaires a également enregistré une hausse certes de moindres ampleur, de 3,6% à 823 millions USD contre 794 millions USD le même mois en 2012, précise le CNIS. Il y est aussi précisé que les principaux produits alimentaires importés par l’Algérie en mai dernier ont connu des «baisse», à l’exception des céréales et légumes secs» qui ont progressé respectivement de 9,6% et 231,3%. Une manière subtile de glisser, que les importateurs ont profité de la décrue du marché pour faire de bonnes affaires. Soit. Mais le consommateur algérien n’en profite pas pour autant puisque les prix flambent à longueur d’années pour certains produits. Aussi, la cherté des céréales, semoules et farines sur le marché mondial n’a pas dissuadé les «professionnels» de l’import- import de faire leurs emplettes. En effet, les importations algériennes des céréales, semoules et farines ont atteint 311,3 millions de DA alors que celles des légumes secs ont totalisé 34,7 millions USD. En tout état de cause, ces chiffres du CNIS confirment si besoin est que l’importation à tout va constitue l’indice le plus probant de la faillite économique nationale. Il est aisé d’imaginer les conséquences sociales si d’aventure les cours du brut venaient à chuter lourdement. Et l’Algérie n’est pas à l’abri si l’on se fie aux prévisions de l’agence internationale de l’énergie (AIEA) qui tablent sur un repli des marchés pétro-gaziers à l’horizon 2018.

Hamid Merakchi

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