RÉOUVERTURE DE LA FRONTIÈRE ALGÉRO-MAROCAINE

Les trois conditions d’Alger

21 Jui 2013
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Les relations algéromarocaines sont actuellement marquées par une escalade médiatique de la part de certains journaux proches à la fois du Makhzen comme des islamistes. C’est quasiment tous les jours que des articles évoquent la question passionnelle de la réouverture des frontières sur fond d’accusation contre les autorités algériennes. Ces accusations, intervenant dans un contexte particulier, n’ont pas laissé indifférent le ministère des Affaires étrangères qui a réagi hier par la voix de son porte-parole, Amar Bélani. Ce dernier, dont les propos sont rapportés par le journal El- Khabar commence par dire que « la réouverture des frontières est une affaires de souveraineté », ajoutant que « l’Algérie rejette l’intervention de toutes tierce partie ». Le porte-parole des AE rappelle que le dossier de la réouverture des frontière « comme le savent nos frères marocains exige la réunion de conditions préalables. Des conditions qu’il détaille en commençant par demander « l’arrêt immédiat de la campagne de dénigrement menée par des cercles marocains officiels et non officiels contre l’Algérie ». Amar Bélani parle en l’occurrence d’une campagne menée « par des lobbies marocains en Europe et aux USA pour souiller l’image de l’Algérie ». La deuxième condition, et pas des moindres, est en rapport avec le trafic de drogue. Et, à ce propos, Alger exige «une coopération sincère et fructueuse de la part des autorités marocaines pour arrêter les quantités impressionnantes de drogue qui passent quotidiennement la frontière ». Selon un récent rapport de la gendarmerie, citée par Amar Bélani, les services de sécurité ont pu intercepter depuis le début de l’année 2013 pas moins de 50 tonnes de stupéfiants. Ce chiffre risque d’atteindre un record jamais égalé jusque-là, selon ce rapport de la gendarmerie qui pointe aussi des « complicités » dans les services de sécurités marocains. La troisième condition est en rapport avec la question du Sahara que l’Algérie, persiste à considérer comme « un problème de décolonisation » qui doit trouver son règlement dans le cadre de la légalité internationale. «L’Algérie défend cette position en partant du principe des droits des peuples à choisir leur destin » rappelle Amar Bélani. L’Algérie ajoute, Bélani, revendique le statut d’observateur dans les négociations qui se déroulent entre le Polisario et les autorités marocaines sous l’égide des Nations unis. En fait, la réponse du ministère des affaires étrangères survient dans la foulée des déclarations faites par le secrétaire général des avocats arabes, Amar Zine, récemment invité par les autorités marocaines pour prendre part à une manifestation dans la ville frontalière de Saïdia. Manifestation au cours de laquelle il s’est fait l’écho des autorités marocaines pour demander l’ouverture des frontières. Visiblement, on en est encore dans l’escalade verbale qui éloigne chaque jour que Dieu fait la perspective d’une normalisation que, de part et d’autre de la frontière, on appelle pourtant de tous les voeux.

 

Omar Zekri

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