ELLE VIENT DE PERDRE SON ARBITRAGE FACE L’ITALIEN EDISON

Sonatrach dans la tourmente

26 Mai 2013
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Les perspectives du marché énergétique se présentent plutôt sous de mauvais auspices pour la compagnie nationale algérienne, à cause de la crise économique mondiale marquée par une contraction de la demande en pétrole et en gaz, principales sources de devises pour notre pays. Il est ‘’difficile’’ pour l’Algérie de préserver les prix du gaz dans un contexte de crise économique qui affecte aussi bien la demande que les prix, a reconnu hier Abdelhamid Zerguine, le patron de Sonatrach, sans doute un peu sonné par le verdict implacable de la Chambre de commerce internationale qui a débouté Sonatrach dans le contentieux l’opposant à l’italien Edison. Tout en faisant part de cette information, qui tombe à un moment où les débats sur les orientations énergétiques du pays sont de nouveau au coeur des débats, Zerguine reconnaît humblement que « notre marge de manoeuvre est difficile, car il n’y a pas de reprise économique forte et lorsqu’il n’y a pas de reprise forte, commander le marché n’est pas uniquement l’apanage de Sonatrach ». Pourquoi la compagnie nationale a perdu cet arbitrage ? C’est à cause d’une clause dite de « bouleversement » prévue par le contrat de vente de gaz à Edison, contrôlée par le Français EDF et qui prévoit une révision à la baisse lorsqu’il y a changement des conditions économiques, répond le parton de la Sonatrach dont le discours est aujourd’hui loin des forfanteries de responsables politiques refusant de voire cette réalité en face.” Les contrats, même bien ficelés, accordant des droits à Sonatrach, incluent malheureusement une clause admissible sur le marché de l’énergie et chez tous les partenaires qui consiste à revoir les prix lorsqu’il y a bouleversement des marchés”, a-t-il encore ajouté dans une déclaration à l’APS. Le plus grave est que cet arbitrage va entraîner un effet domino avec les autres partenaires. “L’effet domino est là, il n’y avait pas qu’Edison qui a demandé à revoir les prix, il y a aussi l’ENI et GNF (Gas Natural Fenosa)”, a précisé le PDG de Sonatarch. “Avec Eni, nous sommes en passe de revoir les accords pour la troisième fois en deux ans”, a-t-il indiqué. Zerguine tempère néanmoins son propos en expliquant que la demande de révision des prix à la baisse ne devrait pas, selon lui, impacter certains contrats gaziers, liant son groupe à des clients européens. “Aujourd’hui, nous considérons qu‘il n’y a pas de bouleversements pour certains marchés. Nous sommes en train de se battre pour ne pas admettre des réductions pour ces contrats d’approvisionnement”, a-t-il dit. Dans les contentieux sur les prix du gaz, “Sonatrach a été des fois gagnante et des fois perdante”, rappelle son PDG en allusion à l’arbitrage remporté par le groupe algérien en 2010 dans le conflit qui l’avait opposé à l’espagnol Gas Natural Fenosa sur le prix du gaz livré à l’Espagne à travers le gazoduc GME. La Sonatrach n’est pas la seule à subir les contrecoups de la crise économique mondiale .Il en va de même du plus grand producteur mondial de Gaz, le russe Gazprom. Ils subissent des pressions de leurs clients leur demandant de baisser les prix du gaz livré par gazoducs. Les clients européens, notamment, exigent d’adosser les contrats d’approvisionnement, traditionnellement indexés sur les prix de pétrole, sur le marché spot. Les propos du patron de Sonatrach donnent aujourd’hui tout leur sens aux récentes mises en garde du ministre du Commerce, Karim Djoudi qui alertait contre les risques d’un choc pétrolier dont les effets seront tout simplement dévastateurs pour l’Algérie qui n’a pas su profiter de l’embellie pétrolière qui a duré depuis quinze ans pour mettre en place une économie alternative qui aurait permis au pays de se libérer de la pétrodépendance. cst un autre débat.

 

Omar Zekri

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