Bombe sociale

18 Jan 2021
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Par Bonne année 2021? Rien n’est moins sûr. À peine deux semaines se sont écoulées que les premières mauvaises nouvelles «pointent», au grand dam du fol espoir qu’il n’y aura pas pire que la satanée année 2020, celle du Coronavirus et de l’impasse intégrale. Et pourtant ! Les Algériens constatent, inquiets, que les prix des produits de large consommation flambent. Les responsables de l’association de défense du consommateur (APOCE) tirent à juste titre la sonnette d’alarme. Ils estiment que les prix ont bondi d’environ 40% pour certains produits. De quoi faire perdre la tête aux ménages déjà fortement impactés par les dommages collatéraux de la pandémie du Covid-19 avec la fermeture de centaines voire de milliers d’entreprises et le renvoi de bataillons entiers de travailleurs. C’est donc sous le signe de la peur et de l’appréhension du lendemain que commence cette nouvelle année porteuse de menaces potentielles sur le pouvoir d’achat des algériens. Et à bien y réfléchir, cette situation était attendue du fait que la Loi de finances 2021 a prévu une dévaluation du dinar pour réduire plus au moins le volume du déficit budgétaire qui se creuse chaque année un peu plus. Aussi, le renchérissement des cours des matières premières sur le marché international et la hausse des tarifs du transport maritime des marchandises a-t-il induit une augmentation des prix de revient et donc forcément ceux de la vente. Et malheureusement c’est le citoyen-consommateur qui paie ces sales factures. Il est à craindre que cette envolée des prix ne soit que le début d’une inflation tous azimuts. Étant un pays qui dépend quasi exclusivement de l’importation, l’Algérie risque en effet de subir de plein fouet le folie des marchés internationaux des produits de large consommation, sans que les pouvoirs publics ne puissent faire quoi que ce soit maintenant que le fonds de régulation des recettes qui supportait le différentiel des prix, n’est plus qu’un lointain souvenir d’un artifice que le gouvernement utilisait comme soupape de sécurité pour financer les déficits et couvrir les subventions. Désormais l’État n’est plus riche pour ne pas dire pauvre pour venir au secours des petites bourses. Pis, il risque de faire face à un basculement de ce qui reste de la classe moyenne dans la case rouge des nécessiteux. C’est dire qu’en plus de la crise politique, la présidence de Tebboune s’apprête à affronter un front social en ébullition qui pourrait lui aussi basculer dans la protestation de rue et constituer un combustible pour la récupération politique. A moins d’un sursaut d’orgueil qui verrait les décideurs prendre la mesure des enjeux et en opérant des révisions déchirantes dans sa doxa qui aura largement montré ses limites opératoires.

 Imane B.  

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