Femmes, je vous aime… vraiment ?

26 Nov 2020
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Cette magnifique chanson de Julien Clerc, écrite voilà près de 40 ans (1982) par Jean-Loup Labadie, est un véritable hymne à l'amour de la femme. Depuis, la condition féminine a gagné beaucoup de batailles et la prise de conscience mondiale sur la nécessité de lutter contre les "fémincides" est érigée pratiquement comme une seconde religion. Qu'en est-il vraiment de notre pays ? Il y a eu certes une belle évolution dans le domaine juridique en matière de la place de la femme dans la société, mais la réalité est tout autre loin des salons algérois. A chaque célébration de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui coïncide avec le 25 novembre, on découvre la face cachée du 8 mars, couvert de fleurs et de youyous... l'Algérie a encore un long chemin à faire dans ce domaine. Oui, la femme algérienne peut être général major dans l'armée, sénatrice et même présidente de la République... théoriquement. Mais dans la vraie vie de l'Algérie profonde, la femme est quasiment confinée au statut d'objet, tout juste bonne pour les tâches ménagères et autres corvées qui la rabaissent gravement. Cette année 2020, n'a pas dérogé aux précédentes avec sa litanie de chiffres horribles de femmes tuées en Algérie. Elles sont près de 50 à être assassinées par leurs conjoints, proches ou amis selon les données révélées hier par Me Nadia Ait Zai, avocate et militante des droits de la femme. Qui ne se souvient pas en effet du visage angélique de la jeune Chaima, mutilée et brûlée par un monstre de son âge à Boumerdes ? Cet horrible forfait n'est hélas pas un cas isolé. Combien de femmes souffrent en silence en nos contrées de la folie d’un mari, d'un frère ou d'un parent ? Certes c’est un phénomène mondial observable même dans les démocraties les plus anciennes. Mais chez nous, il y a un facteur qui aggrave les peines de nos femmes, de nos mamans et de nos sœurs : c'est le silence. Oui, la peur de ne pas "salir la famille" et autres pesanteurs sociales, morales et religieuses empêchant de nombreuses victimes écrasées de dénoncer leurs bourreaux. Et c'est à ce niveau que l'Etat, puissance publique, doit intervenir pour briser la loi de l'omerta et imposer la loi tout court. On ne peut pas continuer comme cela à laisser des femmes se faire massacrer par des hommes sans foi ni loi pour qui, la conjointe, la sœur et parfois même la mère, ne serait rien d'autre qu'une domestique dédiée à son confort personnel et vouée à leurs instricts bestiaux. La pauvre femme en Algérie subit de plein fouet cette violence sociale diffuse qui s'exprime quasiment partout y compris dans les mosquées où certains imams ayant tété jusqu'à l'overdose, la mamelle du wahabisme, prêchent à pleins décibels l'intolérance et le sexisme. "Femme, je vous aime". Ça fait un beau slogan. Mais un slogan creux dans une Algérie où la femme demeure une cible privilégiée pour certains mâles, un gibier pour d'autres.

Imane B. 

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