Conséquences 

24 Jui 2019
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Le gouvernement a décidé d’arrêter la planche à billet. L’annonce a été faite, hier, par le ministre de la Communication, qui occupe aussi la fonction de porte-parole du gouvernement. « Le financement non conventionnel, c’est du passé, le gouvernement a pris des mesures préventives qui permettront de préserver notre économie contre des chocs », a déclaré Hassan Rabhi, en marge d’un séminaire sur l’environnement. Cette sortie, pour le moins inattendue du ministre de la Communication, ne va pas manquer de susciter des interrogations et d’ouvrir ainsi la voie à toutes sortes de spéculations, dans la mesure où le responsable en question n’est pas suffisamment outillé en données techniques, pour répondre aux questions des journalistes. Une telle mission aurait dû être normalement confiée à Mohamed Loukal, le ministre des Finances. N’est-ce pas ce dernier, qui a eu la charge de mettre en œuvre le mécanisme du financement non conventionnel, lorsqu’il était gouverneur de la Banque d’Algérie ? Sa récente convocation par la Justice concernant des affaires de corruption, a-t-elle joué en sa défaveur ? Si c’est le cas, pourquoi est-il toujours maintenu à son poste ? Le fait que c’est le ministre de la Communication, qui soit appelé à rendre publique une décision relative à un processus économique et financier d’une grande complexité, cela ne peut avoir qu’une seule signification : Mohamed Loukal a été mis à l’écart. Pour rappel, ce dernier a choisi le dernier jour de son mandat à la tête de la BA, pour sortir une note où il règle ses comptes avec la politique de la planche à billets qu’il a lui-même conduite durant six trimestres consécutifs, atteignant le montant de 6556,2 milliards de dinars d’avances hors plafonnement au Trésor public. Dans cette note, la Banque d’Algérie a révélé que, sollicitée en 2017 pour donner au gouvernement son avis sur cette solution suggérée à l’ex-Premier ministre par des experts, elle avait souligné qu’elle n’était pas favorable à la mise en œuvre de la planche à billets. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, en décembre 2018, le même Mohamed Loukal n’avait pas hésité à déclarer que le financement non-conventionnel se faisait avec succès ! Quoi qu’il en soit, le gouvernement a chargé son porte-parole d’annoncer aux Algériens, l’arrêt définitif de la planche à billets, quitte à ce que celui-ci limite son intervention aux aspects politiques. Interrogé sur les mesures que prendra le gouvernement pour faire face à l’érosion des réserves de change et l’éventuel maintien du mécanisme du financement non conventionnel, Hassan Rabhi s’est contenté de souligner que « l’ère du financement non conventionnel est révolu, et que le gouvernement avait pris des mesures devant permettre au pays d’éviter les risques qui pourraient porter préjudice à l’économie nationale ». Mais qui va assumer les conséquences d’une décision aussi controversée ? Ahmed Ouyahia ; Abderrahmane Raouya ou Abdelaziz Bouteflika ? Le porte-parole du gouvernement ne semble pas être en mesure de répondre à une telle question, qui le dépasse. Son rôle a été limité à l’annonce. Pour le reste, les mois prochains vont faire découvrir aux Algériens, tout le désastre provoqué par l’amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, voté par les deux Chambres du parlement, dans un unanimisme irresponsable.

Mohamed Mebarki

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