Caméras gâchées !

22 Mai 2018
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«Manque de créativité et violence». Voila le constat dressé par le ministre de la Communication Djamel Kaouane hier à propos des programmes « spécial Ramadan » diffusés par les chaînes de télévision. Le ministre a certainement raison. Nous partageons tous son avis sur ces navets qui nous sont proposés en prime time pendant que nous avalons les premières cuillérées de chorba en famille. Ce grand moment de communion et de convivialité est vite cassé par ces scènes de violences, ces cris et ces lamentations à plein  décibels qui s’échappent du petit écran. Et vous avez beau zapper pour tenter de trouver un programme «regardable», c’est peine perdue ! La caméra cachée devenue un véritable phénomène de société en Algérie dont aucune chaine de télévision ne peut se passer, a tout gâché. C’est tout juste si le téléspectateur a la possibilité de «choisir» le niveau de violence plus au moins acceptable. Entre une artiste ou un footballeur qui sort de ses gants face à un animateur décidé à l’humilier publiquement, et un jeune couple qui se retrouve par la grâce d’un montage grossier, sur le même plateau, a s’accuser d’infidélité, il n y a pas vraiment de choix à faire. Les plus choqués zappent carrément les télés algériennes et se branchent illico presto sur des canaux arabes ou occidentaux.  Il n’est pas exagéré de dire qu’il n y a rien à voir ou presque de ces programmes censés êtres emprunts de calme, de relaxation voire d’un peu de spiritualité comme le commande le mois sacré du Ramadan. Les années et les saisons se  suivent et se ressemblent pour les télévisions algériennes notamment les privées qui rivalisent dans la médiocrité et la violence. Quel message voudrait-on transmettre quand on voit ces scènes hallucinantes d’échanges de coups sur les plateaux et des chaises qui volent dans tous les sens ou encore, ces artistes et personnages publics poussés à bout, qui perdent leur sang froid en direct ? Celui d’un pays violent qui ne peut même pas se retenir durant le mois  de jeûne censé être celui de la piété, du partage et de la paix. C’est ce qu’on retient malheureusement de ces séquences d’horreur qu’on inflige aux téléspectateurs et en famille s’il vous plait ! Nous ne pouvons donc que partager la sentence du ministre de la Communication. Mais et après ? Où est l’Autorité de régulation de l’Audiovisuel (ARAV) censé jouer son rôle de gendarme prêt à «dégainer» en cas de dépassements dangereux ? Le ministre ne doit pas se dédouaner de sa responsabilité sur le fait que l’ARAV ne dispose même pas de bases juridiques devant lui permettre de jouer légalement son rôle. Ces textes de loi et ces décrets exécutifs, relèvent pour certains, des prérogatives du département de M. Kaouane justement. Pourquoi, en effet,  a-t-on crée l’ARAV sans lui fixer le mode d’emploi ? Toute la question est là M. le ministre. Ces caméras cachées osées ont gâché la fête de ce début du mois sacré de Ramadan, par ce qu’elles sont diablement désorientées. Une surprise alors ?  Non, du tout.  

Imane B

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