Faut-il surseoir au sacrifice de l’Aïd ?

Des médecins appellent à l’abstention

20 Juil 2020
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La recrudescence ces derniers jours du nombre de contaminés par le coronavirus ne pouvait laisser indifférents tout être sensé, encore plus s’il fait partie des soldats au front. La décision en demi-mot de l’association des Oulémas de « tolérer », « sous réserves du respect des mesures barrières », le sacrifice du mouton le jour de l’aïd, n’a pas laissé indifférents nombre d’acteurs et de professionnels de la santé entre autres. Les réactions sur les réseaux sociaux encore fraiches continuent d’inonder la toile par des commentaires, le plus souvent au vitriol, qualifiant d’insensée l’ouverture d’un aussi large champ favorisant la circulation du germe viral. Hier, c’était au tour du collectif des professeurs en Sciences médicales de monter au créneau. Dans une déclaration publiée sur la toile, le collectif, réuni en fin de semaine, qualifie la situation actuelle de dramatique et prône l’annulation du rituel. Cette communauté de scientifiques de haut rang en appelle aux plus hautes autorités du pays pour prendre toutes les mesures qu’impose la situation de crise sanitaire actuelle, « au moment où̀ nombre de nos concitoyens continuent de pleurer leurs morts, chaque jour plus nombreux, en décrétant l’abstention, pour tous, de procéder au sacrifice du mouton et de faire de ces deux jours de l’Aïd el Adha, un grand moment de recueillement et de solidarité́ nationale ». Car, est-il encore écrit : « quels qu’en soient les conseils que l’on pourrait prodiguer, l’achat du mouton dans des marchés collectifs, son transport à plusieurs, son sacrifice et sa consommation constituent des occasions favorisant de fortes affluences et des regroupements pouvant aviver la situation pandémique». Le collectif rappelle des faits ayant, par le passé, contraint la population algérienne à s’empêcher de sacrifier le mouton de l’Aïd. « L’annulation du sacrifice décrétée, durant l’aïd de 1966 par feu le président Houari Boumediene, certes dans un tout autre contexte visant alors à donner plus de temps aux cheptels de se multiplier, a toutefois eu l’adhésion de toute la population algérienne ». Les médecins proposent en outre que : « dans chaque commune, un imam ou le maire de la localité procède au sacrifice au nom de toute sa population». Le collectif note aussi que, le peuple algérien a accepté́ de nombreux sacrifices, « tout comme durant notre illustre lutte de libération, il avait fait preuve d’une solidarité́ exemplaire ». Ajoutant que « depuis cinq mois le peuple algérien a accepté́, en toute conscience et responsabilité́, la fermeture temporaire des mosquées pour éviter les risques de propagation du virus pouvant être accentués durant les prières collectives ». Les rédacteurs de la proposition précisent, par ailleurs, qu’après tous ces sacrifices, ce n’est pas le moment de baisser les bras. « Le risque d’aggravation de la propagation du virus est trop grand dans ce contexte de crise sanitaire ravageuse. Ne devrions-nous pas plutôt, faire de cette journée, un moment fort de recueillement pour nous incliner devant la mémoire de toutes les victimes de cette pandémie et rendre hommage au sacrifice de notre personnel soignant, tombé sur le champ de bataille d’une guerre dont on ne voit pas la fin » est-il encore noté.

M AGGABOU

Dernière modification le dimanche, 19 juillet 2020 21:13
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