Retombées du documentaire sur le Hirak diffusé par France 5

Brouille entre Alger et Paris

28 Mai 2020
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Le documentaire sur le Hirak, diffusé mardi soir par des chaînes de télévision publiques françaises a, comme il fallait s’y attendre, provoqué un vaste mouvement de réprobation et d’indignation des Algériens, que ce soit ici en Algérie ou au sein de la diaspora. Intitulé selon un procédé propre au racolage brut et sans imagination, Algérie mon amour, a eu l’effet contraire à celui qu’attendaient ses promoteurs. Les Algériens ont, dans leur ensemble, activistes, sympathisants, neutres ou se présentant comme anti-Hirak, dénoncé avec fracas et beaucoup de dérision une production audio-visuelle, médiocre dans le fond et la forme, qui a dévoilé les failles professionnelles abyssales de la télévision publique française, incapable se servir sa propre propagande par un documentaire de haut niveau. Pourtant, la diffusion du documentaire avait été précédée d’une vaste campagne d’annonce, où durant deux semaines, la presse française, tous supports et toutes sensibilités confondus, s’est engagée à en faire la promotion. Au final, ce fut un flop retentissant, dont les marques infamantes se sont retournées contre ses initiateurs. Non, ce n’est certainement à l’aide d’une telle approche médiatique en décalage et sans alibi factuel, que la France officielle réussira à dérouter un peuple certes frondeur, mais qui sait distinguer entre une production télévisuelle de première main et une grossière manipulation tissée à partir d’insertions « réchauffées » et outrageusement « débauchées », à la limite de la perversion. Nourrie à la haine et à la rancœur, la télévision publique française a été aveuglée, au point d’oublier que la manipulation de n’importe quelle opinion publique n’est pas à la portée de n’importe quel journaliste, fut-il rédacteur au quotidien Le Monde, dont la réputation de sérieux ne cesse d’être ébranlée depuis des années. La diffusion de ce documentaire aux relents nauséabonds, traduisant une mauvaise foi ajustée à une attitude de complexe de supériorité, contraire aux principes mêmes de la république française, a fait réagir légitimement les autorités algériennes. L’Algérie a, en effet, et suite à cette « provocation caractérisée » décidé de rappeler « immédiatement » en consultations son ambassadeur en France. « Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et la chaîne parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d’expression, sont en fait des attaques contre le peuple Algérien et ses institutions, dont l’ANP et sa composante, la digne héritière de l’Armée de libération nationale », a poussé les autorités algériennes à agir de la sorte, indique, hier, un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Cet activisme où l’inimitié le dispute à la rancœur, dévoile les intentions malveillantes et durables de certains milieux qui ne souhaitent pas l’avènement de relations apaisées entre l’Algérie et la France, après 58 ans d’indépendance, et ce dans le respect mutuel et l’équilibre des intérêts qui ne sauraient faire l’objet de concession ou de marchandage », ajoute le communiqué. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle démonstration de la bêtise, qui n’a pas hésité à déformer la réalité, en occultant sciemment le Hirak authentique, celui qui a permis aux Algériens de réinvestir le camp politique, dans un vaste mouvement populaire diversifié tant sur le plan idéologique ou culturel, a mis à nu les pulsions intimes et les tendances marginales d’une partie d’un microcosme politico-médiatique parisien, nombriliste et jouisseur. En un mot, le documentaire fut un échec monumental ; et contrairement à ce qu’attendent ses promoteurs, il a surtout permis aux Algériens, Hirakistes y compris, de mieux se positionner.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le jeudi, 28 mai 2020 00:42
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