Malgré l’annonce de l’OMS

L’Algérie ne renonce pas à la chloroquine

27 Mai 2020
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La polémique soulevée par l’étude publiée par la revue scientifique médicale britannique, The Lancet, qui a entrainé pour des raisons obscures la suspension des essais cliniques sur l’hydroxychloroquine, lancés il y’a deux mois par l’Organisation mondiale de la santé, est considéré comme « nulle et non avenue » par l’Algérie. Au lendemain de l’annonce de l’OMS d’arrêter « temporairement » les essais en question, « le temps de vérifier leurs potentiels effets néfastes sur les patients », l’Algérie, qui est l’un des nombreux pays ayant adopté le protocole thérapeutique basé sur une association de la chloroquine et de l’azithromycine, a fait entendre sa voix, en faisant savoir qu’elle ne renoncera pas à ce traitement, qui a déjà prouvé son efficacité, lorsqu’il est « utilisé précocement ». « Nous avons traité des milliers de cas avec ce médicament avec beaucoup de succès à ce jour. Et nous n'avons pas noté de réactions indésirables », a déclaré à l’agence française de presse, AFP, le docteur Mohamed Bekkat Berkani. « Nous n'avons enregistré aucun décès lié à l'utilisation de la chloroquine », a-t-il précisé, ajoutant que cette étude « prête à confusion », car elle « semble concerner des cas graves pour lesquels l'hyroxychloroquine n'est d'aucun secours ». Dans une autre déclaration à TSA, le membre du comité scientifique de suivi de l'évolution de la pandémie de Covid-19 en Algérie a affirmé que la décision de l’OMS, n’aura aucune incidence sur la poursuite du traitement en Algérie. « C’est une étude observationnelle et pas du tout clinique au sens propre du terme », a-t-il souligné. Selon lui, « l’OMS n’en est pas à sa première bourde ». L’étude réalisée par la revue The Lancet mettant en garde contre l’utilisation de l’hyroxychloroquine et « son association avec l’azithromycine qui est un antibiotique tout à fait commun qu’on utilise dans les cas de détresses respiratoires et de l’angine tous les jours », comme l’a noté le praticien algérien, traduit-elle donc des pressions sur l’OMS ? La décision de l’agence onusienne n’est-elle pas géopolitique plus que médicale ? Des questions lourdes de conséquences ! Pour Mohamed Yazid Kadir, épidémiologiste au CHU de Batna, l’étude britannique n’est pas convaincante. « J’ai moi-même eu accès à l’étude de The Lancet et je peux vous dire qu’elle est entachée d’erreurs de méthodologie et surtout à la page 9 du document on retrouve la liste de tous les laboratoires qui ont financé cette étude et dont la majorité sont dans la conception du vaccin », a-t-il laissé entendre. Plus que des insinuations ; mais une hypothèse, partagée par le professeur Didier Raoult. « Je ne sais pas si l’hyroxychloroquine tue, mais ici, à Marseille, elle sauve beaucoup de gens », a-t-il indiqué. « Ici, il nous est passé plus de 4 000 malades dans les mains, ne croyez pas que je vais changer d’avis parce qu’il y’a des gens qui font du big data (…) Comment voulez-vous qu’une étude foireuse faite avec du big data change ce que nous avons vu », a déclaré le professeur marseillais. En conclusion, ce n’est pas l’efficacité de la chloroquine qui est réellement remise en cause, mais la crédibilité de l’OMS, qui est mise à mal.

Mohamed Mebarki

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