Gestion des hôpitaux pendant la crise sanitaire

Le professeur Khiati lève le voile

26 Nov 2020
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La crise sanitaire engendrée par l’épidémie du coronavirus a complètement déstabilisé le fonctionnement des structures hospitalières. Il s’agit d’une réalité qui s’est installée en Algérie depuis mars dernier. « Il y a assez de malades qui ne sont pas soignés. On assiste comme en mars dernier à une suspension des interventions chirurgicales et des services qui ne vont plus assurer leurs activités, je cite essentiellement les malades chroniques », vient d’alerter le professeur Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et du développement de la recherche. « Nous avons pourtant lancé des appels pour ouvrir des espaces en dehors des hôpitaux, comme par exemple la Safex où on peut aménager 4 200 lits, pour accueillir les malades Covid qui n’ont pas besoin de réanimation, et qui présentent des symptômes sans avoir besoin d’une oxygénation », a-t-il souligné, déplorant que le ministère de la Santé ait « décidé d’utiliser uniquement les hôpitaux au détriment de certaines spécialités qui ont cédé leurs services au Covid ». La sortie médiatique du professeur Mustapha Khiati, dont les propos ont été rapportés par TSA, intrigue et suscite des interrogations. En effet, cette montée au créneau du président du Forem, moins de trois jours après que le ministre de la Santé ait écarté le recours à des hôpitaux de campagne, confirme l’existence de profondes divergences parmi des autorités sanitaires dans la gestion des structures hospitalières. Sinon comment expliquer qu’un praticien de la trempe de Khiati s’agite de la sorte pour tirer la sonnette d’alarme concernant les lits d’hospitalisation notamment en réanimation ? « Les malades sont livrés à eux-mêmes ; un malade qui décompense est obligé de faire le tour des hôpitaux à la recherche d’une place, ce qui est inadmissible », a-t-il déploré, avant de s’interroger sur le rôle exact de la sous-commission, chargée de la gestion des lits, créée en mars dernier par le ministère de la Santé. Abordant la question de l’épidémie du coronavirus, qui, selon lui « ne s’est pas estompée mais a subi trois rebonds des contaminations qui ont conduit, depuis quelques jours, à un bilan inquiétant de plus de 1 000 cas confirmés quotidiennement », il a emboité le pas au professeur Kamel Senhadji, en refusant de parler de deuxième vague épidémique. « Parler d’une deuxième vague, cela suppose qu’il y ait un nouveau virus ou que le virus ait changé sa composition génétique, ou dit autrement, il aurait muté. La première hypothèse (d’un nouveau virus) est exclue puisque les frontières sont toujours fermées, il reste la seconde possibilité d’une probable mutation du virus. Or, il n’y a pas d’étude génétique. Le seul service capable de la réaliser est le Centre de biotechnologie de Constantine. Or ce dernier n’a pas été instruit pour le faire », a-t-il soutenu. Dimanche dernier, le ministre de la Santé avait affirmé que l’Algérie fait face à une deuxième vague. Qui a raison et qui a tort ? La question semble diviser. Evoquant le vaccin anti-Covid, le professeur Mustapha Khiati a soulevé le problème de la validation, rappelant que l’Algérie est obligé d’attendre l’homologation de l’OMS, parce qu’elle ne dispose pas d’un organisme habilité, à l’instar des pays développés.

 M.M

Dernière modification le mercredi, 25 novembre 2020 20:46
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