Quand les mesures de sécurité font défaut

Chute mortelle d’un ouvrier sur un chantier

13 Juil 2017
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Un quinquagénaire a perdu la vie, hier matin, alors qu’il travaillait sur un chantier privé près la plage Rizi Amor dans le chef-lieu. La victime, père de famille, a chuté du troisième étage d’un immeuble en construction. Les employés travaillant sur le chantier ainsi que les témoins de la scène macabre sont sous le choc. « Des cris suivis d’un bruit sourd m’ont interpellé alors que je passais pas loin du chantier. En m’approchant, j’ai découvert le défunt par terre. D’autres témoins ont essayé de le secourir, il était déjà trop tard », révèle Saïd. Un de ses fils s’est rendu sur les lieux et il a fallu des efforts de la part des personnes en place pour l’aider à se ressaisir. Des agents de Police ainsi que des sapeurs-pompiers ont accompli le nécessaire en évacuant la dépouille à la morgue de l’hôpital « Ibn Rochd ». Comment l’accident est-il arrivé ? Avait-on pris toutes les précautions d’usage et de sécurité avant d’effectuer sa tâche à plus d’une dizaine de mètres du sol ? Un doute subsiste que seule l’enquête policière peut dissiper. Une autopsie serait prévue aujourd’hui afin de connaître les causes de la mort. Ce terrible accident remet sur le tapis le sempiternel problème de la sécurité des ouvriers sur les chantiers de construction. L’état des lieux en matière de prévention de ces accidents est tout à fait déplorable et la question est occultée la plupart du temps par les entrepreneurs pour qui la prévention est une source de dépenses inutiles. Pourtant, le pays est doté d’un arsenal législatif non négligeable relatif à la sécurité en milieu professionnel. Les lois définissent un ensemble de dispositions visant à assurer de meilleures conditions de travail à l’instar de la Loi n°88-07 du 27/01/1988 relative à l’hygiène, la sécurité et la médecine du travail. De plus, l’Organisme de Prévention des Risques Professionnels dans les Activités du Bâtiment, des Travaux Publics et de l’Hydraulique par abréviation « OPREBATPH » a été crée par le décret exécutif n° 06-223 du 21 Juin 2006. Cet établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, a pour mission principale la promotion de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles dans les activités du BTPH. Rien de tout cela n’est respecté ou presque. Le recrutement se fait en dehors des procédures légales et l’ouvrier n’a pas en sa possession les équipements de base à savoir les casques, les gants et les chaussures de sécurité. L’échafaudage fait de quelques madriers et l’inexistence de filets de sécurité sont la source de la majorité écrasante des accidents sur chantier. Ce qui est le cas de l’accident d’hier. A relever également l’existence de la Fédération nationale des travailleurs de l’habitat et de l’urbanisme (Fnthu) qui représente les travailleurs des OPGI (Office de promotion et de gestion immobilières), AADL (Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement), DLEP (Direction du logement et des équipements publics), les CTC (Centre de contrôle technique de construction), les directions des travaux publics et de l’hydraulique, le CNAT (Centre national d’assistance technique) et les agences foncières. Les autorités compétentes chargées du contrôle, les centres de contrôle technique et la police de l’urbanisme et de l’environnement doivent veiller à la stricte application des textes pour mettre un terme à ces accidents qui endeuillent régulièrement les familles. A relever que cette dernière, œuvre en coordination avec les services techniques des communes et de la Justice veillent à l’application des lois et règlementations relatives à l’urbanisme et à la protection de l’environnement à travers tout le territoire national.

Zarrougui Abdelhak

Dernière modification le mercredi, 12 juillet 2017 20:40
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