La Covid-19 n’a pas fait de quartiers pendant la célébration

Un Aïd au goût de la mort

22 Juil 2021
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Les Algériens, comme tous les musulmans du monde, ont sacrifié au rituel de l’Aid El Adha. Mais sans joie, ni ostentation festive, car le cœur n’y était procédé pas. Comment avoir l’esprit où le cœur à la fête dans un pays qui fait face à un Covid qui ne fait pas de quartier, avec des dizaines et des dizaines de morts et des milliers de cas positifs pendant ces deux derniers jours ?  Journalistes, personnels de santé, universitaires, sportifs, artistes et citoyens anonymes sont partis, souvent à la fleur de l’âge pour allonger   la liste des victimes de la funeste pandémie qui poursuit sa courbe ascendante mortifère. Les réseaux sociaux, en berne, sont devenus pages nécrologiques où sont annoncés en live et en continu des morts dans les quatre coins du pays dont les lits d’hospitalisation et de réanimation sont saturés. « S’il vous plait, si vous n’avez pas des signes de détresse respiratoire, restez chez vous » s’écriait hier la cheffe de service de réanimation de l’hôpital Mustapha à Alger   dans un appel poignant et pathétique qui raconte aussi en creux l’état de saturation psychologique de ces personnels de santé dont beaucoup (220 entre médecins et infirmiers, selon le Dr Merabet du SNPSP) ont succombé. Echos de la mort sur les réseaux sociaux, mais aussi des appels de détresse en quête de bouteille d’oxygène. « Urgence : cherche bouteille d’oxygène à acheter ou à louer » , écrivait hier sur son mur le directeur d’El Moudjahid.   « Les hôpitaux d’Azazga, Larba nath Irathène, Tizi-Ouzou, Draâ El  Mizan » sont à court d’oxygène, aidez-nous à trouver quelques bouteilles, les malades dans les services de réanimation vont tous mourir », suppliait hier le président d’une association sur sa page facebook. C’est dire que la situation est dramatique. Sans  doute  l’est –elle plus que lors de la première et deuxième vague où ce n’est pas tous les hôpitaux du pays qui étaient à court de lit et d’oxygène.    Le ministre de la Santé, lui-même ne cherche plus à maquiller, ni atténuer les choses.  Devant les directeurs de santé réunis hier pour faire le point sur les capacités des hôpitaux il a reconnu sans détour que « la situation est très préoccupante. » Le Pr Benbouzid en a profité d’ailleurs pour s’adresser aux investisseurs privés pour participer à l’achat des bouteilles et des concentrateurs d’oxygène. Appel aussi aux propriétaires des hôtels privés pour mettre leurs établissements à disposition et recevoir le surplus de contaminés faute de place dans les structures hospitalières. Dans ce cadre l’ANP a mis à la disposition du ministère de la Santé un hôtel d’une capacité de 120 lits équipé à Benaknoun. L’élan de solidarité, qui n’est pas un vain mot dans la culture millénaire des algériens, ne saurait pour autant suffire. Des mesures plus drastiques, avec un retour au confinement parait être le moyen le plus radical pour casser la chaîne des contaminations. A côté, bien sûr de la vaccination qui doit connaitre un nouvel élan, surtout que les doses existent. Sinon le scénario que sont en train de vivre nos frères tunisiens traversera imparablement la frontière.

H.Khellifi.

Dernière modification le mercredi, 21 juillet 2021 21:06
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