Variant anglais du coronavirus

Divergences des spécialistes et communication anachronique

01 Mar 2021
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Les autorités sanitaires, notamment les professeurs chargés de suivre l’évolution de la situation épidémique, afin de tenir les Algériens informés du moindre détail en ce concerne le coronavirus continuent à s’exprimer en rangs dispersés. Pour des raisons que l’on ignore, certains intervenants parmi les plus suivis par les citoyens n’arrivent pas à se mettre sur la même longueur d’onde dans le cadre d’un plan de communication cohérent et codifié. Un individualisme caractérisé, qui n’a pas manqué de mettre à nu un manque de coordination assez significatif, dont l’impact sur l’opinion publique pourrait être démobilisateur, ou dans le pire des cas constituer un facteur d’érosion de la confiance en ces spécialistes, tenus de par leur fonction à n’entendre que la voix de la science, loin de toute interférence politique, quelle qu’elle soit. Hier, et lors de son intervention télévisée sur Echorouk TV, le directeur de l’Institut Pasteur d’Algérie a déclaré que cinq personnes soupçonnées d’être porteuses du variant anglais du coronavirus sont placées sous observation, en attendant de connaitre les résultats de leurs analyses qui seront connues dans la journée. Fawzi Derrar a indiqué, par ailleurs, que l’identification d’un patient positif à la Covid-19 et à plus forte raison quand il s’agit d’un variant, nécessite au moins trois jours. Tout en révélant que l’un des deux porteurs du variant anglais est guéri, alors que l’autre continue de faire l’objet d’un suivi rigoureux, le DG de l’IPA a appelé au « renforcement des mesures de prévention et de protection pour faire barrage à la propagation de la pandémie », sans détailler toutefois leur nature. Il s’est limité à déplorer le relâchement constaté ces derniers jours à travers le non-respect des mesures barrières par une grande partie des citoyens, hésitant tout de même à suggérer de nouvelles restrictions. Le jour même, c’est-à-dire hier, et lors de son passage à la chaîne III de la radio nationale, le professeur Lyes Rahal avait déclaré que les résultats des enquêtes épidémiologiques préliminaires effectuées n’ont encore révélé aucune propagation de la nouvelle souche mutée de la Covid-19 à d’autres gens. « Nous avons lancé une enquête épidémiologique dès l’annonce de la découverte du variant anglais. Pour l’heure, nous n’avons aucune preuve que l’infection se soit propagée chez de nouvelles personnes », avait-t-il affirmé, avant de souligner que « si les mesures de prévention sont respectées partout cette souche ne présentera aucun danger pour les citoyens ». Le directeur de l’Institut national de santé publique avait fait savoir que « la nouvelle souche anglaise se propage rapidement et qu’elle est actuellement présente dans plus de 85 pays, mais les études n’ont pas encore prouvé qu’elle est plus dangereuse que le virus classique ». Les deux interventions ne sont pas contradictoires, mais leur timing aurait dû faire l’objet d’une attention particulière. D’autant plus que la détection du variant anglais en Algérie commence à inquiéter, en raison des multiples divergences dans les points de vue exprimés par les spécialistes concernant les risques que cela pourrait représenter sur la situation épidémique actuelle.

Mohamed M

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