Suspension des vols de rapatriement

Qui veut mener Air Algérie vers le crash ?

25 Fév 2021
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A compter du 1er mars et jusqu’au 31 mars, seuls les vols au départ d’Algérie seront autorisés. Les compagnies aériennes étrangères, qui ont été informées le 22 février de la suspension de tous les vols au départ et à destination de l’Algérie, ont été autorisées, 24 heures plus tard, à opérer pendant le mois de mars, mais uniquement en ce qui concerne les vols au départ d’Algérie. Officiellement, rien n’a été annoncé. C’est encore le black-out total du côté d’Air Algérie et du ministère des Transports. Amine Mesraoua, le PDG par intérim de la compagnie aérienne, et Kamel Nasri, nommé lors du récent remaniement du gouvernement, ministre des Travaux publics et des transports, sont aux abonnés absents, au moment où seules la compagnie Turkish Airlines, l’ambassade de Turquie à Alger et le ministère tunisien des Affaires étrangères ont pris le soin de communiquer les informations dont ils disposent à ce sujet, confirmant la suspension des vols internationaux à destination de l’Algérie. Selon un communiqué de presse, le MAE tunisien indique « sur la base de contacts diplomatiques avec la partie algérienne », il lui a été signalé « la fermeture des frontières », « une mesure qui s’applique à tous les arrivants dans le monde ». Air Algérie, qui devrait assurer 15 vols de rapatriement d’ici le 28 février ne pourrait donc plus poursuivre son programme durant le mois de mars, suite à cette mesure radicale, motivée par la propagation des nouveaux variants du coronavirus en Europe et notamment en France où réside la plus grande communauté d’Algériens à l’étranger. En conséquence, les trois vols quotidiens entre Paris et Alger, assurés par la compagnie aérienne nationale seront suspendus à partir du 1er mars ; alors que les compagnies aériennes étrangères, autorisées à opérer au départ de l’Algérie uniquement, seront contraintes d’envoyer « leurs avions vides depuis les différents pays de provenance », selon TSA, citant une source au sein d’une compagnie étrangère opérant en Algérie. Les compagnies françaises, qui avaient prévu de multiplier leurs vols au départ d’Alger, de Béjaïa et d’Annaba, tout au long du mois de mars, à l’image d’Air France, qui a ajouté une dizaine de vols à son programme initial, vont certainement saisir cette occasion, mais accepteront-elles d’opérer dans un seul sens ? Au-delà de cette question, qui, au demeurant, ne concerne que ces compagnies, c’est plutôt la situation chaotique d’Air Algérie, qui nous interpelle. La compagnie aérienne nationale, dont le déficit aurait déjà dépassé les 500 millions d’euros, n’était-elle pas en mesure de renforcer son dispositif sanitaire, au lieu de suspendre les vols de rapatriement ? A quoi servent les tests PCR dans ce cas ? La décision de suspendre les vols de rapatriement pour un mois est loin d’être réfléchie. Le risque d’importation des nouveaux variants du coronavirus ne justifie guère une telle mesure que l’on ne peut même pas qualifier d’improvisée, tant ses incidences financières sont gravissimes pour une compagnie qu’on est en train de mener tout droit vers le crash. Une telle issue serait inévitable au cas où la gestion d’Air Algérie continuera à être soumise à des interférences et des influences occultes, qui ne tiennent pas compte ni des considérations économiques, ni des exigences commerciales auxquelles une compagnie comme Air Algérie doit répondre avec professionnalisme et rigueur.

Mohamed Mebarki

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