Chute du dinar, détérioration de la situation économique et hausse des prix

Les prévisions pessimistes d’un économiste

26 Jan 2021
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Chute du dinar par rapport aux principales devises. Détérioration de la situation économique. Dégradation du pouvoir d’achat et déficit de la Caisse nationale de retraites. Telles sont les questions abordées par Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’université de Tizi-Ouzou, dans un entretien publié hier par TSA. Selon cet universitaire, la dépréciation du dinar comme « mesure d’ajustement pour parer au plus urgent face à la dégradation de la situation des finances publiques et au recul des réserves de change demeure insuffisante ». « Au regard des difficultés financières dans lesquelles se retrouve la plupart des entreprises, qui ont déjà engendré une importante perte d’emplois, il est nécessaire d’envisager d’autres mesures d’ajustement pour maintenir un tant soit peu les équilibres macroéconomiques permettant de mettre l’économie nationale sur une trajectoire de croissance économique dès cette année », a-t-il estimé. Sans ces mesures complémentaires, « la récession s’installera dans la durée et rendra encore plus complexe tout effort de sortie de crise », a-t-il prévenu. Dressant un tableau noir de la situation, l’économiste a fait un constat sans appel. « Il faut s’attendre à une hausse généralisée des prix, tant l’économie algérienne est fortement dépendante des importations », a-t-il soutenu sans le moindre état d’âme, se basant sur les prévisions pessimistes de la loi de Finances annonçant un taux d’inflation de 4,2 %, et « impliquant une détérioration du pouvoir d’achat des ménages ». Selon lui, même si la principale préoccupation des pouvoirs reste concentrée sur la sauvegarde des pouvoirs d’achat des couches sociales les plus défavorisées, il ne faut s’attendre à aucun résultat positif, tant que « l’économie nationale demeure dans un état lamentable par faute de bonne gouvernance ». Dès lors, a-t-il soutenu, « il sera alors difficile d’allier des objectifs sociaux ambitieux avec des résultats économiques modestes ». Pour combler le déficit budgétaire, l’Etat est appelé à recourir à « d’autres mesures de financement », a-t-il préconisé. Lesquelles ? Il n’en dira pas plus, évitant ainsi d’évoquer l’endettement extérieur. D’après lui, « l’effet positif escompté de la dépréciation de la monnaie nationale sur les finances publiques risque de s’estomper », si aucune action n’est entreprise dans ce sens. Abordant « la hausse brusque constatée dans les prix des produits alimentaires », il l’a imputé à plusieurs raisons, dont la concentration de l’offre de produits agricoles au niveau de quelques wilayas, alors que la consommation touche l’ensemble du territoire, les problèmes logistiques liés au transport inter wilayas, le stockage, la distribution, les conditions climatiques défavorables et le confinement partiel « impliquant ainsi une certaine disparité dans les prix de détail ». Il a ajouté à ces facteurs le parasitage des intermédiaires, « dont une grande partie agit dans l’informel et ne possède même pas un minimum de professionnalisme susceptible de donner à l’activité commerciale une certaine stabilité, rendant ainsi l’évolution des prix imprévisible et difficilement maîtrisable ». A propos de la crise de la CNR, et tout en admettant les inégalités, il en a évoqué une autre, « celle de la pression fiscale vis-à-vis des revenus salariaux avec la retenue à la source, contrairement aux autres revenus qui sont déclaratifs ». S’agissant du système de retraite dans son ensemble, « il y a lieu d’aller vers sa refondation et il faudra engager la réflexion sur le dossier dès maintenant du fait de sa complexité et les enjeux qu’il implique », a-t-il préconisé. L’économiste a abordé aussi la question de l’importation de véhicules. Mais concernant ce sujet, il est resté sur une attitude très réservée.

Mohamed M

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