Djerad désavoue publiquement le wali d’Oran

Non à l’offense de l’enseignant

24 Oct 2020
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« Je refuse catégoriquement l’humiliation de l’enseignant, alors qu’il défend l’avenir de nos enfants », a écrit jeudi Abdelaziz Djerad sur Twitter en réaction au comportement condamnable du wali d’Oran, qui s’est illustré, un jour auparavant, par une attitude arrogante face à une enseignante d’une école primaire se plaignant de la vétusté du mobilier scolaire. Ayant pris mal l’expression « de l’époque coloniale » utilisée par l’enseignante pour décrire l’état des tables, le wali s’est irrité au point de tourner le dos à son interlocutrice, adoptant une conduite déplorable tout à fait indigne d’un commis de l’Etat de son rang. Dans une autre vidéo postée sur les réseaux sociaux, l’enseignante n’a pas manqué de dénoncer le comportement du chargé du protocole du wali, qui lui aurait lancé brutalement « taisez-vous », sans aucun égard au métier noble qu’elle exerce. La séquence, qui a enflammé la toile, a fini par faire réagir le Premier ministre. A travers son message sur Twitter, celui-ci a carrément désavoué le wali, en exprimant sa considération et son respect à l’enseignante victime de la saute d’humeur déplacée d’un responsable ayant visiblement perdu son self-control pour des considérations hors-contexte. Emboitant le pas à Abdelaziz Djerad, le ministre de l’Intérieur a exprimé, lui aussi, son rejet « catégorique » de toute offense à la personne du professeur, invitant l’ensemble des responsables relevant de son secteur à éviter ce type de comportements. Jeudi, l’institutrice, Sidya Merabet, de l’école primaire Ben Zardjeb a été reçue par le wali d’Oran, qui apparemment a été recadré pas sa tutelle, suite à l’incident dont il porte toute la responsabilité. Le jour-même, l’immobilier de l’établissement scolaire en question a été renouvelé. En attendant la concrétisation de l’annonce du Premier ministre, qui s’est engagé à remplacer le mobilier des anciennes écoles sur tout le territoire national, élèves et enseignants devront se contenter des moyens existants, notamment dans les zones rurales, les Hauts-plateaux et les régions du sud. Pour revenir à l’incident d’Oran, et à propos de l’expression « l’époque coloniale », qui avait mis le wali dans tous ses états, l’institutrice a tenu à préciser que c’était une façon d’illustrer la vétusté du mobilier sans plus. La formule en question, qui a offusqué le wali au point qu’il perde le sens du raisonnement et de la mesure, est largement utilisée en Algérie. Elle est loin de traduire une quelconque nostalgie à une époque haïssable. Le wali d’Oran n’aurait jamais dû s’emporter à cause d’une expression banalisée par l’usage, que les Algériens utilisent sans aucune allusion aux « bienfaits de la colonisation », le thème si cher à la droite française. Sa réaction plus ou moins intempestive à l’égard d’une brave enseignante, dont la bonne foi est évidente, a fait réagir les syndicats de l’éducation. Des centaines d’enseignants, notamment des wilayas de l’Ouest, se sont déplacés jusqu’à Oran pour lui exprimer leur solidarité. Craignant visiblement que le mouvement de colère ne se radicalise, le Premier ministre s’est empressé de réagir pour calmer les esprits et faire baisser la tension. En réagissant de la sorte, Abdelaziz Djerad a fait preuve d’anticipation et de clairvoyance. L’incident d’Oran devrait lui servir de prétexte pour recadrer certains ministres et certains walis, appelés à mesurer leurs déclarations publiques.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le vendredi, 23 octobre 2020 20:51
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