Pénurie de masques FFP2

Mauvaise gestion ou absence de coordination ?

15 Aoû 2020
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Conçus pour filtrer l’air et éviter l’inhalation des virus, la Covid-19 à titre d’exemple, les masques FFP2 sont en principe destinés à l’usage des personnels hospitaliers. Ils sont donc indispensables et devraient être disponibles en quantité suffisante au profit de tous ceux qui travaillent dans les services Covid des hôpitaux. Ils font partie des moyens de protection essentiels, sans lesquels le travail des médecins, des paramédicaux et de tous les autres agents évoluant dans un milieu, dont la charge virale est élevée, serait assimilé à une mission suicidaire. Depuis la fin du mois de février dernier, les autorités sanitaires étaient averties. Il fallait procéder à des prévisions à long terme, pour éviter toute pénurie, dont les répercussions seront forcément lourdes à supporter par les personnels soignants, en première ligne dans la lutte contre l’épidémie du coronavirus. Pourtant, selon des informations relatées par le site TSA, et confirmées par le docteur Lyes Merabet, président du syndicat des praticiens de la santé publique, des carences sont signalées au niveau de plusieurs hôpitaux. D’après la même source, la pharmacie centrale des hôpitaux aurait « interrompu ses livraisons » de masques FFP2 aux structures sanitaires, pour des raisons inconnues. « Depuis 48 heures, la PCH ne nous fournit plus de masques FFP2. Il y’a une semaine, on recevait une centaine de masques par jour. Depuis deux jours, rien du tout, malgré nos demandes et aucun interlocuteur ne répond », a confié à TSA un responsable dans un grand hôpital à Alger ! Sollicité à propos de ce problème, le docteur Lyes Merabet, révolté à l’extrême, n’a pas pris de gants, pour dénoncer une situation des plus affligeantes. « La pénurie ne se pose pas uniquement pour les masques FFP2, il y’a aussi un problème de disponibilité des charlottes et des surblouses », a-t-il déploré, avant de préciser que « les masques FFP2 ont posé problème au début de l’épidémie, puis la situation s’est relativement amélioré durant le ramadhan, mais depuis c’est la galère ». « Beaucoup de praticiens achètent les moyens de protection que ce soit chez des pharmaciens ou auprès de fournisseurs en matériel médical. Nous sommes dans cette situation depuis des mois », a-t-il dévoilé. Connu pour son militantisme et son engagement sans limites dans toutes les luttes ayant pour objectif, l’amélioration des prestations de santé, particulièrement au niveau du secteur public, Lyes Merabet a apporté un témoignage sans concessions. « J’exerce dans un établissement de santé de proximité à Blida et chaque mercredi, nous tenons la réunion Covid. Hier, encore une fois le problème de la disponibilité des moyens de protection s’est posé, y compris pour les masques FFP2. Il s’est posé la semaine passée et celle d’avant », a-t-il confié, estimant que l’origine des multiples dysfonctionnements réside dans le fait que les instructions du ministère de la Santé continuent à se faire verbalement, et non par écrit. Gestions chaotique ? Il ne le dit pas, mais brosse une situation qui le suggère. A Blida, une des wilayas les plus affectées par l’épidémie, « les quantités existantes ne couvrent pas réellement les besoins, ni tout à fait comme il faut », a-t-il reconnu. Alors, « qui fait quoi » ? Abdelmadjid Tebboune a posé la question lors de l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis. Le problème des masques FFP2 n’aurait jamais dû se poser, s’il y’avait un réel suivi. Les personnels soignants, qui étaient obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur devant le blocage inexplicable des primes que leur a promises le président de la République, ne pourraient pas faire l’impasse sur une pénurie, qui met leur vie en danger. Il est à rappeler qu’il y’a plus d’un mois, un responsable au ministère de l’Industrie pharmaceutique avait assuré que deux opérateurs privés vont produire prochainement (fin juillet et début août) deux millions de masques FFP2 par mois. Le même responsable avait affirmé que six autres opérateurs vont produire également d’autres masques à usage médical avec une capacité de production de 100 000 unités/jour. Mais où réside la problématique ?

Mohamed Mebarki

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