Pression sur les structures sanitaires

Le personnel hospitalier au bord de la rupture

11 Juil 2020
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894  nouveaux cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés en Algérie durant les dernières 48 heures. Parmi les wilayas les plus affectées, on retrouve toujours Sétif avec 118 nouveaux cas recensés entre mercredi et vendredi, Oran (112 nouveaux cas enregistrés durant la même période), Alger (73 nouveaux cas en 48 heures), Constantine (62 nouveaux cas), Biskra (50 nouveaux cas), Blida (45 nouveaux cas), Batna (42 nouveaux cas), Khenchela (41 nouveaux cas) et  El Oued (26 nouveaux cas) enregistrés le week-end. Cette flambée des cas de contamination constatée au niveau de plusieurs wilayas, qui, selon de nombreux spécialistes, était prévisible, a fait sortir pour la première fois Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie de sa réserve, le poussant à critiquer ouvertement la stratégie de l’Etat dans la lutte contre la propagation du virus. Le fait est inédit pour qu’il soit relevé. Selon lui, le transfert de responsabilité du niveau central au niveau local n’a pas été exécuté comme l’exigeait l’urgence sanitaire. Il y’a eu des « failles » et des « dysfonctionnements » tant au niveau politico-administratif qu’au niveau sanitaire, a-t-il souligné. « Quand vous voyez des directeurs de la santé et des directeurs d’hôpitaux qui n’arrivent pas à suivre les décisions qui ont été prises ailleurs, ou de ramener les préoccupations majeures et en particulier des professionnels de santé qui aujourd’hui tous se plaignent. Tout est dit. Et c’est le personnel soignant, tous grades confondus, qui continue à payer le prix fort de l’incompétence des uns et de l’irresponsabilité des autres. Aujourd’hui, il n’y a pas que les médecins, qui sont au bord de la rupture, mais l’ensemble du personnel hospitalier soumis à une pression insoutenable depuis l’apparition de l’épidémie en Algérie. Physiquement et psychologiquement, ils ne tiennent plus le coup. Stressés, angoissés et exténué, ils ont l’impression d’être livrés à eux-mêmes face à un ennemi invisible, qui ne pardonne pas. Au moindre relâchement de leur part, c’est la catastrophe. La situation est plus qu’alarmante à tous les niveaux. Dans certaines wilayas, l’absence de moyens de lutte fournis par l’Etat pour lutter contre le coronavirus est criarde. Pourquoi ? Il s’agit d’une réalité, dénoncée à maintes reprises par les praticiens. « Il est inadmissible que l’on manque de moyens de protection alors que nous avons passé des mois à dire que nous recevons des moyens de protection de la part de la Chine », déplore Mohamed Bekkat Berkani. Le membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie a toutes les raison de s’emporter, quand on sait qu’à Guerrara dans la wilaya de Ghardaïa, à Aflou, et dans l’Algérie profonde, des médecins, des paramédicaux et même des agents de sécurité luttent sans moyens contre l’épidémie, risquant à chaque instant d’être contaminés. Aujourd’hui, gagnés par la lassitude et le désespoir, nos médecins particulièrement ne savent plus où donner de la tête. S’ils réussissent par miracle à échapper au virus, ils sont rattrapés par le surmenage ou les accidents de la circulation, qui surviennent en raison de l’épuisement.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le vendredi, 10 juillet 2020 21:32
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