A trois semaines de l’Aïd El Adha

Le rituel du sacrifice sera-t-il annulé ?

07 Juil 2020
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A trois semaines avant l’Aïd El Adha, dont la date est estimée au 1er juillet, la Fédération nationale des éleveurs monte au créneau, et justifient la hausse des prix des moutons par la fermeture des marchés aux bestiaux, décidée par les walis comme une mesure d’urgence destinée à freiner l’expansion de l’épidémie du coronavirus. Privilégiant l’aspect commercial par rapport à une crise sanitaire, non maitrisée et que rien n’indique qu’elle ne va pas se compliquer davantage, la FNE annonce sur un ton proche du chantage, que les prix des sacrifices continueront à augmenter, tant que les espaces habituellement réservés à leur vente resteront fermés. Dans un entretien paru lundi au journal El Bilad, le vice-président de cette fédération n’est pas allé par quatre chemins pour conditionner une éventuelle baisse des prix à la réouverture des points de vente et des marchés à bestiaux. Tout en soutenant que la conjoncture actuelle pèse lourdement sur les éleveurs, ce qui n’est pas faux, il a semblé perdre de vue les conséquences désastreuses que pourrait engendrer la réouverture des marchés à bestiaux, étant donné que la gestion de tels espaces est complexe. Figée sur la question de l’offre et de la demande, la FNE a tout simplement demandé aux walis de revoir leur décision (fermeture des marchés à bestiaux), en appelant à la mobilisation de la gendarmerie nationale et des autorités locales, pour assurer le respect des mesures préventives contre le coronavirus. En tout état de cause, si les éleveurs ont le droit de défendre leur intérêt, il faudrait que leur démarche prenne en compte la situation exceptionnelle que vit l’Algérie à l’instar de la majorité des pays. Le sacrifice de l’Aïd El Adha est certes un rite sacré, que les Algériens ont toujours célébré malgré les difficultés et les obstacles. Sur le plan purement théologique, il ne porte pas le sceau de l’obligation. Et à cet effet, les autorités religieuses, notamment la commission ministérielle de la fetwa sont tenues à prendre en considération les « défis majeurs » auxquels le pays fait face. Cette même commission, qui a été obligée par nécessité impérieuse de suspendre pour cette année le Hadj, qui est un des cinq fondements de l’Islam, s’est déjà prononcée sur la question du maintien ou de l’annulation de cette fête religieuse, et son président a bien signifié que la décision finale dépendra de l’évolution de la situation sanitaire et des recommandations du comité scientifique. Même s’il a indiqué qu’il était encore prématuré d’évoquer l’annulation pure et simple de l’abattage rituel de l’Aïd El-Adha, tout indique que l’on s’achemine vers cette option, au vu de l’aggravation de la situation sanitaire dans plus d’une dizaine de wilayas. Déjà un confinement à domicile partiel, de 13h à 5h, a été décrété pour une durée de 15 jours dans 18 sur les 60 communes que compte la wilaya de Sétif ; et rien n’indique que la mesure ne sera pas prise au niveau d’autres wilayas, selon l’évolution de l’épidémie. Si les Algériens devraient donc s’abstenir de célébrer l’Aïd El Adha comme à l’accoutumée, qu’ils le fassent sans prêter attention aux discours rigoristes ; car rien n’est plus sacré que la vie humaine.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mardi, 07 juillet 2020 21:57
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