Transferts de devises et prix des carburants

Les députés dénoncent « l’incohérence »

28 Mai 2020
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Le débat à l’APN autour du projet de loi de finances complémentaire (LFC 2020), soumise à examen depuis mardi dernier, est axé sur les mesures impopulaires introduites par le gouvernement. Les députés n’ont pas manqué, comme attendu, de dénoncer certaines dispositions qui auraient des conséquences sur le citoyen, en particulier l’augmentation des prix du carburant. Ils déplorent, aussi, la précipitation du gouvernement à faire adopter au plus vite ce projet. En effet, la révision à la baisse du montant minimum en devise soumis à la déclaration douanière de 5000 euros à 1000 euros a capté l’intérêt des députés. Ainsi, Lakhdar Benkhellaf, élu de l’union Nahda-Adala-Bina dénonce « l’absence de temps nécessaire alloué aux députés pour examiner le projet de loi qui contient, selon lui, des dispositions remettant en cause des mesures à peine adoptées dans la loi de finances 2020 ». Il n’est pas le seul à relever ce point. Son collègue du FLN, Lies Saadi (FLN) appelle carrément à la suppression de cette mesure sur la devise, en préconisant plutôt de lutter contre les transferts illicites de devise pour l’achat de biens immobiliers à l’étranger. « Durant 15 ans, des Algériens ont transféré des sommes importantes pour l’acquisition de biens immobiliers à l’étranger. En Espagne, ils sont plus de 7000 Algériens à disposer d’habitations de manière illicite. Les autorités devraient plutôt s’intéresser à ces personnes pour récupérer l’argent détourné », lance-t-il. Pour sa part, Nabi Hebri (MSP) estime que le projet de loi était « dépourvu d’intérêt », affirmant qu’il « remettait en cause la crédibilité de l’APN qui avait voté dans le cadre de la loi de Finances 2020 pour l’autorisation aux citoyens d’importer des véhicules de moins de trois ans ». «Cette disposition a été vidée de son sens par la possibilité accordée aux concessionnaires d’importer des véhicules neufs », lance-t-il. Son collègue du même parti, Nazih Beramdane axe son intervention sur la mesure concernant l’augmentation des prix des carburants. « Il n’existe aucune justification valable pour procéder à une telle hausse de la taxe sur les produits pétroliers (TPP) ou assimilés », dit-il. Il rappelle, dans la foulée, les conséquences de cette mesure sur le pouvoir d’achat des algériens. « Les effets d’exonération de l’IRG pour les salaires de mois de 30 000 dinars et la hausse du SNMG à 20 000 dinars ne seront pas ressentis par les bas revenus avec la hausse des prix des carburants et des prix des véhicules neufs », affirme-t-il encore. La députée Nadjet Kebaili (TAJ) a, quant à elle, demandé plus de clarifications sur les conditions de financement des importations des véhicules neufs par des concessionnaires agréés. « Tenant compte de l’érosion des réserves de change du pays, il serait inconcevable de permettre aux concessionnaires d’accéder aux réserves de change pour importer des voitures neuves et demander aux citoyens de financer par leurs propres moyens l’achat de véhicules de moins de trois », souligne-t-elle.

Samir Rabah

Dernière modification le jeudi, 28 mai 2020 00:42
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