Délégation médicale chinoise et le cas Bonatiro

Les explications de Benbouzid

02 Avr 2020
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Il a fallu qu’ils soient bousculés par les propos non dénués d’arrière-pensées d’un chercheur en mal de reconnaissance, diffusés par une chaîne de télévision publique française, pour que les autorités sanitaires réagissent et daignent communiquer au sujet de la délégation médicale chinoise, dont la présence en Algérie a suscité une grande controverse. Ramené, vendredi dernier, à bord d’un avion d’Air Algérie, les 12 médecins et les 8 professionnels de la santé, présentés comme des spécialistes dans le traitement du coronavirus Covid-19, ont fait l’objet de spéculations dans un climat marqué par l’opacité la plus absolue. Quelle est leur mission en Algérie et quelle est la destination des équipements qu’ils ont ramenés avec eux ? Après un silence radio, qui a duré quatre jours, le ministre de la Santé est enfin intervenu pour tenter de circonscrire les effets néfastes d’une communication officielle figée et archaïque. Abderrahmane Benbouzid a donc fini par répliquer pour assurer que la mission de la délégation chinoise consiste à fournir un suivi médical et le traitement à quelque 7.000 travailleurs chinois, qui se trouvent actuellement en Algérie. Il a, par la même occasion, démenti l’information selon laquelle, les experts chinois ont été dépêchés dans le but de traiter de hauts responsables algériens, et affirmé que les équipements ont été transférés aux structures sanitaires de la wilaya de Blida. Est-ce suffisant pour rétablir la vérité à propos d’une question, qu’il aurait été plus judicieux de gérer à temps réel avec beaucoup de transparence ? Le doute est permis. Forcément, il faut maintenant plus que des déclarations pour convaincre les Algériens, dans un contexte exceptionnel où seules les images sont en mesure de faire taire les informations erronées, ou orientées à des fins de propagande. Abderrahmane Benbouzid ne doit pas l’ignorer. En Algérie, comme partout dans le monde, les réseaux sociaux sont en train de bouleverser le système d’information traditionnel, au point qu’il est aujourd’hui presque impossible de faire face au flux interminables de vidéos et d’information qui circulent sur le Net, sans une gestion médiatique adaptée. Hier, une vidéo virale a été diffusée sur Facebook, montrant des scènes ahurissantes de distribution de pommes de terre à Blida. Si la vidéo en question est authentique, c’est que la situation est devenue incontrôlable sur tous les plans ! Le ministre de la Santé n’est pas sans savoir les dégâts que pourraient provoquer ce genre d’images ; qu’elles soient réelles ou montées de toutes pièces. Si la distribution des denrées alimentaires dans une anarchie totale n’est pas de son ressort, la violation des règles de la distanciation sociale et des autres gestes barrières contre le coronavirus, qu’elle engendre l’interpellent directement. Il est au centre de l’actualité, à l’instar de ses homologues à travers la planète. Cela suppose qu’il fasse preuve de dynamisme et d’anticipation dans ses interventions. Pour le cas de Bonatiro, à titre d’exemple, Abderrahmane Benbouzid a bien reconnu l’avoir rencontré et écouté. «J’ai reçu le Dr Bonatiro, il m’a dit qu’il avait un médicament contre le Coronavirus. Je lui ai posé la question de savoir s’il était soumis à quelques normes scientifiques légales. Ce à quoi, il m’a répondu qu’il avait des médecins, qui ont confirmé son efficacité », a-t-il déclaré, avant d’indiquer qu’il a « instruit l’astrophysicien à se rapprocher de l’Institut Pasteur, où il lui a été demandé de fournir le dossier médical, sa composition naturelle et chimique ». A un moment où la situation sanitaire s’aggrave et que les Algériens sont de plus en plus désemparés, malgré les discours rassurants, le ministre aurait du faire montre d’audace et de rigueur. « J’ai dit à Bonatiro que nous ne pouvons pas tester le médicament directement sur l’homme, par crainte de complications. (…) Sa composition doit être connue d’abord, puis testée sur l’animal, pendant une période d’au moins 10 jours jusqu’à ce que nous voyions ses effets secondaires». Ce n’est certainement pas ce genre de déclarations, qui vont rassurer les Algériens.

Mohamed Mebarki

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