Dix-septième vendredi de mobilisation populaire contre le système  

Le mouvement ne change pas de trajectoire

15 Jui 2019
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La mobilisation populaire a gagné, hier, son dix-septième vendredi de protestation pour le départ du système. Et sans montrer de signes d’affaiblissement, en dépit de toutes les manœuvres entreprises par le pouvoir en vue de calmer cette ardeur populaire qui s’est emparée de tout un pays, depuis le 22 février dernier. Pour la énième fois, les manifestants ne se sont pas attardés sur les faits d’actualité, marqués cette semaine, par l’emprisonnement de ceux qui sont appelés « les gros poissons », en l’occurrence les anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que l’ex-ministre, Amara Benyounes. Ces faits n’ont pas été au cœur de la mobilisation, notamment à Alger où la foule des manifestants était, une nouvelle, fois très compacte pour exiger l’essentiel : « qulna yetnahaw ga3 (nous avons dit qu’ils partiront tous) ». Brandissant des pancartes et des drapeaux, les protestataires qui ont arpenté les différents boulevards de la capitale, mise sous état de siège pour la énième fois, se sont montrés intransigeants et plus exigeants. « Mazel Bouteflika, mazal, mazal (Il reste encore Abdelaziz Bouteflika) » et « Mazel Nezzar (et aussi le général à la retraite Khaled Nezzar) », scandent-ils. Certains manifestants ont brandi, à cette occasion, des pots de yaourt pour rappeler à Ahmed Ouyahia la déclaration qui lui a été attribuée, selon laquelle, « le peuple ne doit manger des yaourts chaque jour ». Sur certaines affiches, les manifestants réclament la tête de Noureddine Bedoui qualifié de chef d’orchestre « des fraudes électorale ». Et là aussi ils réitèrent leur rejet du dialogue avec la bande, tout en exigeant le départ des trois « B » et la mise en place d’une période de transition. Gaid Salah chargé à nouveau Les manifestants n’ont pas lâché, une nouvelle fois, le chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. « Faquou ya Gaid Salah (nous ne sommes pas dupes Gaid Salah), « Gaid Salah dégage ! » et « Djeich, Chaab, Khawa Khawa, wa Gaid Salah ma3a El 3issaba (le peuple et l’armée sont unis, mais Gaid Salah est avec la bande) », lancent les manifestants. Coïncidant avec le souvenir de la marche du 14 juin 2001 et du printemps noir en Kabylie, les manifestants ont aussi insisté sur la nécessité de rester uni face au pouvoir. « Makench Djihawia, khawa, khawa (pas de régionalisme, nous sommes des frères) », crie aussi la foule. La marche qui a commencé peu avant 14 heures, s’est poursuivie jusqu’en fin d’après-midi, sans aucun incident. La marche d’Alger a été aussi marquée par la présence du père du général à la retraite, Ali Ghediri, placé sous mandat de dépôt depuis jeudi dernier. Il a brandi une pancarte demandant la libération de son fils. « Libérez mon fils Ali Ghediri, le seul à avoir osé se dresser contre le clan de Bouteflika », demande-t-il. Cette nouvelle mobilisation qui a eu lieu aussi dans différentes villes du pays témoigne, on ne peut plus clair, de la détermination des Algériens à aller au bout de leur engagement à bâtir une Algérie nouvelle.

  Samir Rabah 

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