Ali Ghédiri réagit aux marches populaires:

‘‘Les Algériens ont donné une leçon à leurs dirigeants’’

24 Fév 2019
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Ali Ghédiri n’a pas été le premier homme politique à réagir aux marches contre le 5e mandat qui se sont déroulées, vendredi dernier à travers le pays. Mais le candidat à l’élection présidentielle du 18 avril prochain a été l’une des rares personnalités à aller au fond de la problématique, en accordant à l’événement toute l’importance qu’il requiert. « Le peuple algérien a donné une leçon à ses dirigeants et au monde entier. Les dirigeants pensaient que les Algériens ne pouvaient pas avoir de comportement civilisé et exprimer leurs opinions comme tous les peuples d’une manière organisée. Tous ceux qui ont parié sur l’anarchie, ont échoué. Le peuple algérien leur a demandé de revoir leurs calculs. C’est un peuple conscient et mûr qui peut porter ses revendications sans casser », a estimé le général-major à la retraite, lors d’un débat au siège de l’association RAJ, à Alger. Ali Ghédiri, farouche partisan d’une rupture radicale avec les anciennes pratiques, a appelé le régime à tirer les conclusions qui s’imposent. « Je lance un appel au régime : « Hissez-vous au niveau de conscience politique que le peuple vous a montré hier ». Notre peuple veut un changement pacifique sans casse et sans effusion de sang. Depuis 1962 à ce jour, le sang coule dans ce pays, ça suffit ! Nous devons tourner la page. Pour notre part, nous voulons la rupture avec le système et ses pratiques, avec tout ce qui touche à la dignité des Algériens, avec la corruption, les passe-droits, le vol, la gabegie, la bureaucratie, la harga… Nous voulons rétablir l’espoir et la fierté d’être Algérien », a-t-il soutenu. Adoptant un discours relativement réconciliateur, il a souhaité que le régime soit suffisamment intelligent pour répondre aux demandes du peuple algérien. Il a vu et entendu ce que le peuple veut. Selon lui, la balle est dans le camp du régime, appelé aujourd’hui à plus de retenue. « J’ai entendu un haut responsable parler du « qazoul » (le bâton). La France n’a pas pu mener les Algériens au qazoul, il n’y a aucune chance que ce responsable puisse le faire. Le niveau de conscience politique des Algériens permet d’entrevoir les choses autrement(…) Continuant sur sa lancée, le général-major à la retraite a souhaité que le régime adopte la même attitude civilisée des citoyens, en leur répondant de façon pacifique. « Le peuple n’a pas demandé l’impossible. Tant que c’était possible, le peuple a gardé le silence, laissant faire les choses comme le quatrième mandat qui aurait pu être évité. Vendredi, le peuple a montré que ce n’est plus possible de continuer et que sa patience a des limites. Il a dit : « stop, changeons » ! Le peuple n’a pas demandé de vivre comme les Américains mais a dit : « laissez-nous choisir comme citoyens des gens qui nous représentent ». Il a dit aussi « basta » à cette poignée d’hommes qui dirigent l’Algérie comme s’il s’agissait d’un héritage de leurs parents », a-t-il dénoncé.

M.M

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