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Ali Haddad remet son plaidoyer à Sellal

Les mesures d’urgence du FCE

28 Juil 2015
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Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) dévoile ses propositions pour redynamiser l’économie nationale et booster l’appareil productif national. Dans un long plaidoyer, le FCE détaille sa vision des choses et suggère des mesures à même de tirer vers le haut la croissance économique hors hydrocarbures. Ce document, qui traite de l’ensemble de la problématique du développement  économique national, a été remis par Ali Haddad, président du FCE au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, hier. Il constitue un élément supplémentaire dans le sens du   dialogue constructif entre les partenaires sociaux, a indiqué le communiqué  du Premier ministère. La contribution du FCE s’inscrit dans la vision du gouvernement quant  à la politique de développement de la production nationale et de la compétitivité,  a précisé le communiqué. Parmi ces mesures contenues dans ce document,  il y a le lancement d’un ‘Grand Emprunt National’ de 2000 milliards de Dinars, garanti par l’Etat, destiné au financement de projets prioritaires, notamment dans les domaines de l’économie numérique, des énergies renouvelables et du soutien aux PME innovantes. Il y a également la nécessité d’engager une réforme fiscale profonde visant à simplifier l’environnement fiscal de l’entrepreneur, encourager la prise de risque, développer un système de fiscalité locale favorisant la décentralisation de la décision économique et, d’une façon plus générale, adapter la fiscalité aux besoins d’un développement à grande échelle des entreprises. Une telle réforme de fond est déterminante pour la diversification de notre économie et la création de richesses à même d’élargir l’assiette fiscale. Elle doit en priorité réaménager l’IBS et abroger la TAP. Elle doit s’attacher également à lancer une opération d’assainissement fiscal pour réintégrer dans le champ légal les volumes financiers circulant dans les circuits informels en taxant à hauteur de 10% les montants déclarés puis déposés dans les banques. L’assainissement fiscal ne concerne pas, naturellement, les liquidités dont l’origine est criminelle (drogue, contrebande, terrorisme, corruption). Le FCE propose également la création d’un fonds d’investissement pour favoriser le développement des entreprises et l’expansion rapide du secteur privé, doté d’un montant équivalent à 10 milliards de $US. La dotation de ce fonds est à mobiliser à partir du fonds de régulation des recettes (FRR). Ce fonds sera en outre ouvert à la participation institutionnelle et privée nationale et, éventuellement, à celle d’investisseurs étrangers (Banque Africaine de Développement, Société Financière Internationale, Banque Islamique de Développement). Un tel fonds permettrait d’utiliser un levier de 1 pour 10 et de mobiliser ainsi un volume de 100 milliards de dollars pour l’investissement. Cette organisation patronale très active ces derniers mois suggère aussi la mise en place, au niveau de la plus haute autorité de l’Etat, d’une structure décisionnelle qui regrouperait les Ministères des Finances, de l’Industrie et du Commerce, avec pour mission d’assurer le pilotage cohérent et le suivi de la mise en œuvre des mesures d’urgence ainsi que la coordination avec le monde de l’entreprise. Cette organisation patronale demande aussi la levée définitive du verrou de la disponibilité du foncier industriel en accordant au secteur privé la possibilité de créer, d’aménager et de gérer, dans le cadre du système de concession, des parcs industriels le long de l’autoroute Est-Ouest. Le FCE fait des mesures qui touchent à tous les secteurs d’activité, du bâtiment à la sous-traitance en passant par l’agriculture et l’industrie manufacturière.

Réduire les subventions 

Le FCE explique que son « plaidoyer n’a pas vocation à régler tous les problèmes mais propose des mesures d’urgence face à une situation d’urgence ». Ce terme revient tel un leitmotiv, dans un contexte d’effondrement de près de 50% des recettes pétrolières de l’Algérie. Ainsi, le document de 87 pages présenté ce matin au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, consacre une trentaine de pages aux réformes « structurelles urgentes ». La deuxième partie est dédiée aux « mesures sectorielles urgentes », qui touchent spécifiquement à divers domaines d’activité de l’économie algérienne. Enfin, le troisième et dernier chapitre revient notamment sur la nécessité de revoir le système de subventions, « intenable et injuste ». En effet, dans le document et surtout lors de la conférence de presse, Ali Haddad et quatre des vice-présidents du FCE ont soulevé la question des subventions et du soutien des prix aux produits de large consommation et aux carburants. Les transferts sociaux comptent pour 60 milliards de dollars, soit un tiers du PIB, dont 17 milliards de dollars sont consacrés au soutien des prix (sucre, huile, pain…). « Trouvez-vous juste que des industriels, des pâtissiers qui peuvent revendre leur produits librement, et même les touristes bénéficient d’un soutien des prix, au même titre que des ménages nécessiteux qui n’ont pas les moyens d’acheter ces produits ? », s’interroge un des intervenants. Selon les membres du FCE, ces dépenses ne sont pas soutenables et il faudra aller vers un ciblage précis de ces subventions – qui aujourd’hui profitent à tous, sans distinction de niveau de vie – vers ceux qui en ont réellement besoin. Une mesure qui permettrait de réduire le soutien des prix de 1 700 milliards de dinars à seulement 400 milliards, tout en « créant 100 000 emplois dans les communes pour gérer ce système de soutien ciblé », selon le FCE. Cela représenterait une économie annuelle de 13 milliards de dollars.

Une amnistie fiscale ?

Dans le même temps, les membres du patronat estiment qu’une masse monétaire de 40 milliards de dollars est en circulation en dehors du circuit formel. Le FCE affirme avoir sensibilisé le gouvernement sur ce sujet et que celui-ci compte intégrer près de 1 700 milliards de dinars, notamment grâce à l’obligation de paiement par chèque. Mais le patronat, en prenant soin de ne pas employer le terme exact, estime qu’il est nécessaire de recourir à une forme d’amnistie fiscale pour encourager l’intégration du secteur informel dans le secteur bancaire.  

Yanis Belmadi

Dernière modification le lundi, 27 juillet 2015 20:43
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